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UN HOMME A PROBLEMES (TROUBLE MAN)
Marvin
Gaye serait-il ce " Trouble Man " dont il signe la bande
originale du même nom en 1972. Quoi qu'il en soit, il est
vrai que lorsque on parle de Marvin Gaye on parle d'une des plus
belles voix de la fin du 20è siècle. Cette voix est
chaleureusement sensuelle, profonde. Elle révèle l'amour
et l'esprit tourmenté de cet homme élevé dans
ambiance familiale puritaine, autoritaire. Cette ambiance familiale
ne convient pas son âme qui devient une âme de plus
en plus rebelle. Comme tout adolescent de son âge, incompris,
il cherche à se faire aimer. Il développe, dans les
premières années de sa carrière, une personnalité
de séducteur qui va faire l'unanimité chez les femmes.
Marvin Gaye a un " sex appeal " très fort et il
en usera auprès de ses fans et de ses femmes.
Il est évident que cette image d'objet sexuel va le toucher
et créer des nouvelles sources de tourments qui auront comme
conséquence un changement radical de discours avec le mythique
What's going on, sorti en 1971.
LE CHANTEUR DE LA MOTOWN
Né à Washington le 2 avril 1939, Marvin Pentz GAYE
très jeune, se révèle réfractaire à
toute forme de discipline.
Au lendemain d'une expérience peu concluante dans l'U.S Air
Force, Marvin décide de tenter sa chance
comme chanteur tout d'abord membre des Rainbows avec Don
Covay et Billy Stewart, entre ensuite au sein
des Marquees, un groupe de doo-wop grâce dans lequel
il fait ses premières armes en studio pour le compte d'Okeh.
Puis Harvey
Fuqua lui fait signer un contrat d'enregistrement chez Chess.
Les titres enregistrés ont été à peine
des succès d'estime. Harvey Fuqua décide de quitter
Chicago avec sa femme Gwendoline Gordy pour créer
un label discographique à Détroit. Marvin les suit
et épouse dans la foulée la sur de Gwen, devenant
ainsi le beau-frère de Fuqua et Berry Gordy. En intégrant
la famille Gordy, les portesde la Tamla-Motown s'ouvrent à
lui. Il participe d'abord aux enregistrements des Miracles
et de Stevie Wonder comme batteur ou choriste. Berry Gordy
enthousiasmé par sa voix, d'une distinction naturelle, lui
fait enregistrer " Let 's your conscience be your guide
", en 1961, puis " Stubborn kind of fellow "
et " Hitch hike ", suivis par
" Pride and Joy " et ce sont les duos avec Mary
wells " Can I get a witness ", qui au début
des années Soixante, connaissent tous un grand succès
; Marvin devient alors le chanteur de la Motown et de ces dames.
Ce succès il le doit à un ensemble d'éléments
réunis pour un merveilleux breuvage musical. Tout d'abord
il travaille avec les meilleurs producteurs de la Motown tels Holland-Dozier-Holland
ou Norman Witfield, il agit aussi en toute liberté
grâce à ses relations privilégiées avec
les protagonistes de
la Motown. Il peut ainsi exprimer tout ce qui vit en lui. Son style
est d'une riche variété, Marvin est à l'aise
dans le Gospel, le rythm'n Blues et Pop. On peut l'entendre dans
des titres aussi différents que " How sweet it is
(to be loved by you) ", " I'll be doggone "
, " Ain't peculiar ", sans parler de "
I heard through the grapevine ",
numéro 1 des deux côtés de l'Atlantique en 1968
et 1969. Ses duos avec Mary Wells (Once upon a time),
Kim Weston (It takes two) et surtout Tammi Terrell
(Ain't no mountain high enough, Your Precious love,
Ain't nothing like the real Thing) renforcent son image de
"sex bomb" romantique. Au tournant de sa carrière
que se passe t-il ? Il le chantera.
WHAT'S GOING ON
Touché par la mort de Tammi Terrell en 1970, il reste
peu de temps dans cette plénitude artistique. Il sombre très
vite. Il s'éloigne de la scène musicale, divorce avec
sa première femme, du coup les relations avec Berry Gordy
s'enveniment. Il reprend le chemin des studios d'enregistrement,
avec la ferme intention d'imposer son statut de chanteur, de compositeur
et de producteur, en s'impliquant davantage dans les luttes conduites
par le peuple noir. Sans avoir le consentement de Gordy il sort
What's going on en 1971. Cet album, produit un grand impact
dans toutes les consciences.
Un pur chef-d'uvre musical habillé dans un violent
réquisitoire contre la société américaine,
des orchestrations
remarquables qui marqueront de nombreux créateurs afro-américains
comme Stevie Wonder et les Temptations.
What's going on sera aussi un énorme succès
commercial, grâce aux singles " Mercy Mercy me (The
Ecology) " et " Inner city blues " qui
se vendront à plusieurs millions d'exemplaires. Avec son
" Come back " réussit, il mène
sa carrière à sa guise et compose dans la foulée
l'excellente B.O de Trouble Man, puis ressort son "sex
appeal" pour un Let's get it on en 1973 composé
de 8 titres ; pour transpirer dans ses draps ou
faire des
bébés selon les sensibilités. En 1976 il tourne
le dos à ses préoccupations sociales et revient à
son essence sensuelle enregistrant I want you, avec Léon
Ware. Il engage une tournée dans le monde entier, on
en retiendra le concert mémorable au London Palladium en
1977 ainsi qu'un album de duos avec Diana Ross ; enregistré
dans la
foulée avant de quitter la Motown.
LA PRODUCTION DE L'APRES MOTOWN
Le premier album de l'après Motown chez CBS en 1982 Midnight
Love révèle l'interplanétaire, " Sexual
Healing " où Marvin Gaye s'essaye avec succès
à une nouvelle tendance qui fait des adeptes très
vite : La programmation faite sur la mythique TR.808-Roland encore
utilisé aujourd'hui. S'il n'avait pas été assassiné
par son père en 1984, il aurait peut-être pris d'assaut
les programmations musicales et aurait fait chanter toutes les stars
de la nouvelle école de la Soul. Il était certes un
remarquable chanteur avec ce grain de voix unique, sublimant dans
la plus grande intimité, une âme déchirée
emprisonnée dans le tourment,
dont la soif de liberté, qui caractérise la SOUL et
le RYTHM'BLUES, se révèle dans sa plus belle expression.
Assassiné en 1984 par son père, nous ne saurons jamais
s'il aurait continué à faire croître son talent
de producteur
dans la lignée de Sexual Healing en 1982 qui rappelons
le, est essentiellement constitué de programmations
allant directement à l'encontre si on peut dire des orchestrations
classiques de la période Motown de Marvin Gaye
où il devait entrer dans une certaine idée de la musique
mise en place par Berry Gordy, livrée par des "
producteurs maisons "
(il fallait que ça plaise aux blancs à cause de leur
pouvoir d'achat), Holland-Dozier-Holland programmés
pour gagner
de l'argent bien sûr. Les stars de la Motown
avaient un statut qui ressemblait à celui d'un salarié
d'usine puisqu'elles étaient au service d'une demande et
une production ciblée ; cela était déjà
valable pour Stevie Wonder (voir
article>>> ) qui s'émancipe d'une certaine façon
à la même époque que le crooner révolté.
What's going on sort en 1971, Music of my mind de
Stevie wonder en 1972. La plupart et les plus talentueux
ont fait de très grandes carrières avec un autre son,
celui des années 80 et 90 valable encore aujourd'hui, Marvin
était à chaque époque là où il
fallait être, sauf aujourd'hui sa chaleur son amour sa beauté
nous manquent . Un Bilal
ou
un Maxwell (voir chroniques NuSoul) ne sauraient pas encore
nous consoler. Il serait aujourd'hui dans l'actualité
au même titre que Quincy Jones ou Stevie Wonder
comme nous le laisse supposer le caractère tout à
fait original
de Sexual Healing.
afrodeeeeth
DISCOGRAPHIE IN THE FUNKY HOUSE !!!
MARVIN GAYE en quelques disques parmi tant d'autres
!!
Il y en a eut des enregistrement au sein du Motortown Industriel
plus communément appelé Motown.
Le destin ne lui donnera pas l'occasion de fournir une production
aussi quantitative dans l'après Motown mais le premier opus en 1982
chez CBS révelera une œuvre très originale : Sexual Healing.
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WHAT'S GOING ON,1971,Motown.
Après une période d'isolement. L'artiste revient tout neuf
avec une prise de conscience, dans laquelle il s'engage à nous
livrer sa vision intérieur de cette société américaine à laquelle
il fait un procès musical " brother ! what going on ".Un chef-d'œuvre
produit et mené sa majesté lui même face un Gordy rétisant.
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LET'S GET IT ON, 1973, Motown
Ouh la ouh la la !!! C'est chaud !! Marvin est un être
exceptionnellement sensuel, qui ne peut lutter contre son désir
de séduction, dans ses relations. Laissant ses préoccupations
sociales de côtés, il redonna à ses " fans-femmes " ce qu'elles
veulent de lui car ne l'oublions pas Marvin est un souffle chaud
avec lequel on ressent. Les femmes y sont sensibles.
Avec cette phrase qui nous plait à entendre " Just keep you
satisfied " (juste faire en sorte que tu reste satisfaite).
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MIDNIGHT LOVE, 1982, CBS
L'album d'un tournant artistique certain avec des programmations
très intéressantes qui ont donné naissance à un style original
le temps d'un tube interplanétaire. Le changement de maison
de disque donne l'impression de révéler une toute autre expression
artistique chez Marvin Gaye. " let's make tonight, mmmh cause
you do it right! " Il nous révèle son secret : faire l'amour
donne de l'inspiration.
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MARVIN GAYE & HIS WOMEN, 1985,
Motown.
Un an après sa disparition la Motown nous offre ces compilation
avec vraiment l'essentiel de ses plus beaux duos et c'est tant
mieux. Il n'y a que deux titres avec Diana Ross mais pour "
los afecionados "il y a Marvin and Diana sorti juste
avant son départ. Avec une grande selection de duos avec Tammi
Terrell dont je ne peux oublier le fameux " Ain't no mountain
high enough " écrit par Ashford and Simpson |
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TROUBLE MAN, 1973, Motown.
Comme bien d'autres compositeurs à cet époque tels que Isaac
Hayes ou Curtis Mayfield Marvin Gaye a su renouveler son inspiration
lorsqu'il s'est mis à écrire pour le cinéma. D'ailleurs cette
B.O fut plus convaincante que le film lui-même, sa voix sublime
sur les ballades tandis que son rythme funky se deploie dans
des orchestrations captivantes. |
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