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Un 'petit' compte rendu de ce concert qui a eu lieu à La
Scène, le 4 décembre 2003.
Pour moi c'était le truc à ne pas rater... la dernière
fois qu'il était passé, comme il nous l'a si gentiment
rappelé, c'était en 1997 au Hot Brass... pour ceux
qui ont loupé espérons qu'ils n'auront pas (et nous
non plus d'ailleurs) à attendre à nouveau 6 ans ...
Fidèle à son look un tantinet ringardos genre Laspalès,
il débarque sur scène avec un gilet improbable, mais
une coupe de douilles rafraîchie par rapport à mes
souvenirs de ses pochettes de disques les plus anciennes, où
des boucles lui tombaient dans le cou...
Assis derrière ses claviers et accompagné par un
autre clavier (Rhodes, synthé vocoder et melodica), un guitariste
tout droit échappé d'un spectacle de comique troupier,
un bassiste au visage au moins aussi anguleux et barbu que celui
de Rocco Prestia des Tower of Power (et bizarrement jouant
comme celui-ci tout en fingerstyle) et un batteur aux moustaches
Gengis Khanesques...
Une armée de tueurs comme on le découvrira tout au
cours de la soirée...
Mélangeant titres du dernier album (POPTICAL)
et de DWITZA (avant dernier), plus au cours d'un petit medley, quelques
titres un chouïa plus ancien comme 'Daqui Pro Meier'...
Beaucoup d'instrumentaux (issus de Dwitza) au cours du spectacle
qui dura facilement deux heures et demie
Pas de rallonge sauce pour masquer un manque de répétitions
et donc un répertoire succinct... Au contraire rarement plus
de trois ou quatre minutes et même quelques morceaux expédiés
en 2 minutes trente à l'ancienne LOL, donc un gros volume
de répertoire.
On reste sur sa faim parfois, mais le pendant de ce constat est
que l'on ne s'ennuie jamais car c'est une avalanche de sons bariolés
et de rythmes changeants qui nous chatouille les trompes d'Eustache...
Sa voix est telle que je me l'imaginais à l'écoute
de ses albums, c'est à dire tantôt soul, chaude et
pleine de soie, tantôt puissante avec un timbre si particulier
qui est sa marque de fabrique et l'apanage des plus grands... une
voix instantanément reconnaissable...
Mélange de rythmes brésiliens, jazz, funk, soul,
mélange de sons, mélange des genres...
Ed a beaucoup d'influences, il le revendique dans ses interviews
et c'est très nettement perceptible... imaginez que parmi
quelques reprises pour le fun, il nous balance Sunshine of Your
Love (!), ou bien In A Gadda Da Vida des Iron Butterfly
(hymne rock psyché du début des années 70!)
voire Got To Be Real de Cheryl Lynn ou encore Everybody
Dance de Chic.... franchement je n'ai jamais vu çà!!!
LOL
De même pour décrire sa calvitie galopante il se compare
à Ed Cassidy, le batteur du groupe de jazz rock progressiste
SPIRIT qui fut emmené en son temps par Randy California,
guitar-hero des 70's... la gars a une culture musicale absolument
étonnante et c'est ce qui rend passionnant son concert car
il surprend l'oreille des moins attentifs...
Très à l'aise sur scène il discute avec la
salle, ou présente longuement les titres (peut-être
trop pour certains mais pour ma part je rigolais tellement que çà
ne m'a pas gêné le moins du monde) en un anglais approximatif,
puis en portugais quand il se laisse emporter dans une digression...
Emmené par la forte proportions de lusophones dans la salle,
nombre de brésiliens reprenant en chur les paroles.
Quelques mots en français aussi dans ses présentations
et puis dans son morceau hilarant 'Valse Au Beurre Blanc',
où l'énumération des noms de vins et de fromages
français tient lieu de texte... Tout simplement génial
! Il nous dit qu'il y a les vins, et puis il y a le vin français...
Inutile de préciser lequel il semble préférer,
tout comme les fromages (ce qui pour un Brésilien ne doit
pas être une mince affaire!) qu'il semble connaître
de manière extensive... si son embonpoint en est une des
conséquences on peut dire sans beaucoup se tromper qu'il
a du faire toute la carte des 450 fromages de notre hexagone!
Bref je disgresse, je disgresse... Mais tout çà vient
du fait que la soirée se passe avec une telle bonhomie et
une telle bonne humeur palpable tant sur scène que dans la
salle qu'on ne se soucie plus de l'heure...
Assis à son piano, debout face au micro ou pour quelques
morceaux avec sa Telecaster en bandoulière (qui donne l'effet
de n'être qu'un cure dent dans ses mains) notre homme s'amuse
à l'évidence.
Un petit break vers le milieu du set le laisse seul sur scène...
moment qu'il choisit pour interpréter deux ballades dont
une dont les paroles ont été composées par
Bluey Maunick d'Incognito...
Puis suit un assez long moment, fort drôle, où il se
transforme en Human Beat Box passant d'un rythme à l'autre
en se tapant sur les joues, en émettant des onomatopées
invraisemblables avec sa bouche, et en émettant des sons
qu'on croirait issus d'un synthé (genre intro de Let's
Groove d'EWF qu'il nous fera d'ailleurs) mais qui ne
proviennent que de son gosier...
Rien qu'en faisant cela on reconnaît les morceaux et le public
participe joyeusement en claquant des mains voire même en
chantant spontanément et tout à fait en rythme les
paroles des chansons...
Un fait assez rare pour mériter d'être signalé
!
Son batteur est excellent faisant quelques soli au cours de la
soirée sans que nous perdions le groove... vraiment un excellent
percussionniste...
Le bassiste n'est pas en reste et son touché suscite des
acclamations qui le font sourire autant que Droopy quand il récupère
'The Lady Known As Lou' dans les dessins animés de Tex Avery...
Le seul hic du show viendra au moment du rappel quand Ed revient
sur scène apparemment très fâché contre
le patron de l'établissement qui ne lui autorise qu'un seul
morceau en rab.
Il le traite de noms d'oiseaux et explique (et on le comprend) qu'il
ne vient pas tous les jours à Paris, qu'il a envie de jouer
beaucoup plus, qu'il n'a pas fait 12 heures d'avion pour s'entendre
dire qu'il n'a pas le droit de faire ce qu'il veut sur scène,
ce qui le rend fou... bref le patron de LA SCENE en prend pour son
grade sous les applaudissements nourris des spectateurs... (dommage
soit dit en passant car le lieu est fort convivial avec une ambiance
chaude et un son plus qu'acceptable)
Voilà... un concert pour moi inoubliable, mélange
de haute qualité, évidemment pas un truc s'adressant
à un funkateer qui n'attendrait que du funk and nothing but
the funk, mais des touches jazzy de haute facture, des morceaux
avec des grooves bien sentis, des trucs plus expérimentaux,
des rythmes batucadesques (si on peut dire çà) par
moments, bref
Une fête où toujours flotte un
parfum jubilatoire, un truc ou l'on rit aussi des expressions et
grimaces d'une invention sans limite (et qui provoquent la banane
sur tous les visages), un zeste de folie..... parfaitement bienvenue
dans ce monde de brutes... LOL
Une fois de plus les absents auront eu tort..... Moi j'ai déjà
ma place pour son prochain passage en 2008...
Funkataclysmiquement tien,
Wonder B
pour le MOTHERSHIP FUNK CLUB
de PARIS et FUNK-U Mag Février
2004
Si
tu désires combler une lacune et découvrir cet artiste
tu peux toujours aller surfer sur son site (très sympa et
inventif) à :
http://www.uol.com.br/edmotta/
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