| Titre un peu long qui
résume pourtant bien une situation (et une nouvelle fois le
triste constat de notre dynamisme national en matière de culture
et de musique... sic !) qui nous a poussées, alors qu'elle
était en tournée en Europe depuis quelques semaines,
à prendre la " WeGofunk Mobile " pour nous rendre
au pays de la gaufre, afin d'assister à notre premier concert
de la Diva Nu-Soul... puisque sa route ne passera pas encore cette
année par la France (date prévue puis annulée...).
Au terme d'un voyage ensoleillé et tranquille avec tout
plein de bonnes musiques dans le chargeur CD (dont le dernier Erykah
bien sûr mais également celui de son funky fluteman
Dwayne Kerr,
avec lequel nous étions en contact depuis quelques jours
;o)...). Nous arrivons enfin au Forest/Vorst National, une salle
de 7 000 places dans la banlieue bruxelloise. Nous y retrouvons
Dwayne vers 19 H, après un soundcheck retardé pour
cause de problèmes techniques divers (et aussi un peu de
perfectionnisme d'Erykah apparemment ;o)
Il a eu la gentillesse de nous dégoter des pass backstages
pour l'occasion et nous les remet alors que nous faisons enfin sa
connaissance de visu!... Ce garçon est charmant ;o) L'artiste
américain typique : cool, détendu, friendly et très
simple... Une première bonne vibe... Il nous parle un peu
du soundcheck, nous donne quelques infos sur le concert, et nous
affranchit sur la possibilité de rencontrer Erykah à
la fin du show si elle n'est toutefois pas trop fatiguée...
Ce sera long et elle commencera avec 1 H de retard ;o)
Il a raison, prévu pour démarrer à 20 H, les
musiciens investissent la scène à 21 H après
un set de 2 Dj de très bonne facture, si ce n'est le son
qui laisse (déjà) à désirer même
si c'est devenu convenable au fil des minutes d'attente...
Pour ménager le suspense et ajouter à l'adrénaline,
Erykah arrive après une longue intro et ce qui marque d'entrée,
c'est sa prestance ;o) Elle en impose avec sa chevelure crépue
tout en volume : un énorme afro aérien, d'un mètre
de diamètre (LOL : regardez le dos de la pochette du dernier
album, c'est exactement çà !!!) orné de deux
très longues nattes. Niveau vestimentaire, on a le droit
à une tenue très "fashion victim" (façon
sauvageonne de la steppe) avec un long manteau qui grandit cette
petite femme longiligne et menue. Elle affiche sa féminité
originale sans complexe, entre force et douceur. Il se dégage
de la classe de cette artiste !
Je ne pourrai pas citer la playlist complète mais on peut
diviser le show en trois parties : la première est constituée
principalement des titres du nouvel album "Worldwide
Underground" devant un public qu'on sent conquis mais
qui peine à donner de lui-même (moi je suis déjà
survoltée et quand arrive "Back in the Day (puff)"
je perds 90% de mes capacités vocales). Cette situation peut
aussi s'expliquer par le fait qu'Erykah se contente de chanter et
ne s'adresse quasiment pas à l'assistance... Elle a du mal
à se lâcher et a pu même paraître un peu
froide et distante à ce moment là... Mais en tout
cas, elle est très concentrée et l'on sent qu'elle
entend donner le meilleur de ses performances vocales.
Tout change avec "I want you" (le fameux titre
dont j'ai décrit l'intro et la fin horripilante sur ma chronique
du Cd... Le seul moment difficile et que je n'arrivais pas apprécier
de ce dernier opus, le reste m'ayant vraiment conquise ;o). Et déjà
ses "beats de type house récurrents" apparaissent
sous un nouveau jour... Les battements de coeur qu'on y entend trouvent
toute leur signification dans l'interprétation live, accompagnée
de gémissements bien sentis qu'elle nous assène avec
passion : aucune équivoque, çà a un rapport
(sans jeu de mot ;o) avec le niveau d'adrénaline et d'excitation
qui vous assaillent dans un corps à corps quand on se retrouve
accolé ;o)) LOL C'est chaud, chaud, chaud !!!
A partir de là Erykah se transforme presque en bombe sexuelle
et nous expose son désir sans pudeur, ragaillardie par cette
petite interprétation pleine de sensualité ! "I'm
free now" lâche-t-elle au public... C'est clair,
on a vu ;o))
L'artiste n'hésite pas à mettre en scène non
seulement sa vie, ses convictions mais aussi ses sensations, tous
ces thèmes que l'on retrouve dans ses chansons, avec la classe
et la singularité qui la différencient des autres
chanteuses.
Elle enchaîne, lâche son manteau telle une meneuse
de revue et se dandine lascivement, dos au public qui ne tarde pas
à se manifester
Elle a une telle envie de partager avec nous maintenant que dans
la foulée, elle met un point d'honneur à nous faire
chanter les paroles d'un titre qui m'est inconnu mais dont j'ai
bien retenu le texte principal "Fuck U ! Get out of my Couch,
Get out of my House, Get out of my Life..." LOL on n'osait
pas au début et puis comme elle a insisté, on a fini
par adhérer à son côté " vé-ner
" et son titre sur le respect version féminine...
On entame alors la seconde partie du show où elle s'attache
plus à nous livrer des versions totalement retravaillées
de morceaux de ses deux premiers albums... Elles sont de très
bon niveau même si on a parfois du mal à les reconnaître
tant elles sont différentes des originales : "Tyrone",
"Apple Tree" d'une bonne vingtaine de minutes où
elle présente ses musiciens (Dwayne Kerr donc à
la flûte, la française Marie Daulne de Zap Mama,
special guest de la soirée qui nous a offert des "free
styles" dans notre langue maternelle de très bonne facture,
agrémentés de quelques pas de danse africaine, un
clavier, deux choristes qui ont tout déchiré quand
on les a entendues en lead ;o)),un batteur, un bassiste, un Dj et
un percussionniste) et diverses improvisations (il faut savoir que
Dwayne nous a expliqué qu'Erykah adore surprendre pendant
ses concerts, ce qui parfois oblige ses musiciens à la suivre
sur des chemins non balisés...)... Nous avons eu le droit
également à " On & On ", " Bag
Lady " et quelques autres incontournables dont je ne me souviens
plus...
Arrive alors un petit bonhomme de 4/5 ans en survêtement (qu'on
avait déjà aperçu courant sur la partie droite,
non éclairée de la scène, à côté
des consoles techniques quelques minutes auparavant... l'avantage
d'être au premier rang ;o) Il vient rejoindre Erykah au centre
de l'arène, elle s'écarte et il commence par retourner
la salle avec ses pas de danses... pas loin d'être digne de
Michael Jackson à son âge... L'apothéose reste
toutefois (et forcément) le moment où il s'est mis
à breaker devant nos yeux ébahis (il a le rythme dans
la peau ce petit et en regardant de plus près son visage,
on sait de qui il tient puisqu'il ne peut s'agir que de Seven,
le fils d'Erykah et d'Andre " Dre " Benjamin du
groupe Outkast, tant il ressemble à sa maman : même
nez, forme du visage etc...) : un grand moment d'émotion
même si le petit s'est montré récalcitrant aux
demandes de sa génitrice quand il s'est agi de jouer des
percus (du coup c'est elle qui s'y est collée en ayant pourtant
insisté assez fermement auprès de sa progéniture).
On passe à la troisième partie du show qui correspond
à la fin du concert et au rappel : on a le droit d'abord
à une très longue séance "back in the
old school" comme elle l'annonce. Une partie de ping-pong
entre Erykah (qui en plus de chanter divinement bien et de jouer
du tambourin dispose à ses côtés d'un appareil
pour scratcher sur des Cds comme j'en ai découvert tout récemment
l'existence, et une MPC -sampleur, séquenceur utilisé
par Booster- d'où elle s'amuse à faire sortir
des sons bizarres... qu'elle ne maîtrise pas toujours LOL
!!!) et son Dj qui se défient...
Un face à face savoureux destiné à déterminer
qui proposera au public les titres qui seront les plus plébiscités
à l'applaudimètre et feront remuer le plus de derrières...
A ce petit jeu là, c'est du 50/50... tant les morceaux sont
de niveau égal dans l'affectif et l'esprit de chacun : en
vrac, De La Soul, Salt'n'Pepa, Tom Browne,
Digital Underground, Run Dmc, Public Enemy...
Enfin que des tubes de nos jeunes années...
Erykah danse, fait le pitre et s'essayera même à faire
la coupole : elle vient du hip hop ne l'oublions pas et malgré
ses airs sophistiqués c'est une " racaille " à
la base ;o) !
Il s'agit là d'un des derniers moments forts du concert avant
un rappel d'abord très Jazz (" My eyes are green
") où Erykah justifiera définitivement tous ses
galons de Diva (longue robe verte à l'appui).
Puis un ultime titre où la miss, frénétique,
osera même monter sur les épaules d'un vigile pour
descendre devant la fosse et venir toucher quelques mimines, dernier
salut à son public beaucoup plus enclin à participer
maintenant ;o)
Voilà, il est minuit, au terme de trois heures d'un énorme
show bien dense, on est mortes !!! Mais satisfaites de notre concert
(malgré la piètre qualité des installations
sonores et de l'ingénieur du son qu'Erykah toisera plusieurs
fois pour qu'il fasse quelque chose de mieux !!!). Il ne nous reste
plus qu'à passer backstage pour voir si Erykah sera d'humeur
à nous recevoir... La réponse fut malheureusement
négative : " fatiguée et mal de ventre
" d'après Dwayne, qui viendra lui par contre nous saluer
avant que nous ne repartions....
Nous voilà de retour dans la WeGoFunk mobile... avec peut-être
de nouvelles perspectives de pouvoir admirer Erykah et son groupe
bientôt, avec des dates pour l'été 2004 puisqu'ils
reviendront pour les festivals Jazz traditionnel (programmateur
français, faites votre boulot !!! Car on aimerait bien comme
nos amis Belges, Suisses, Hollandais, Italiens ou Polonais -puisque
les deux dernières dates de cette tournée européenne
étaient Milan et Varsovie apparemment- les voir se produire
aussi par chez nous !!!). Un retour fastidieux, c'est le moins que
l'on puisse dire, à notre rythme car franchement la fatigue
s'est faite gravement sentir, mais le cerveau était en ébullition
ce qui nous a fait tenir le cap durant les 340 Kms du retour sur
Paris...
Alors un conseil : si vous en avez la possibilité, ALLEZ
VOIR ERYKAH BADU EN LIVE !!! Cette fille dégage vraiment
quelque chose d'unique !!!
Funkygirljanvier 2003
(avec le précieux concours
de Mys35, GroovyL et Catwoman)
Pour
voir de magnifiques photos prises à Amsterdam avec la même
tenue de scène donc on fera comme si : http://www.wacon-images.com/files/concert/erykahbadu24-11-2003amst/index.htm
Chronique
de disque :
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ERYKAH
BADU : Egérie incontestable et incontestée
de la nouvelle vague Nu-Soul, Erykah BADU nous revient en
cette mi-septembre 2003 avec un tout nouvel album (annoncé
d’abord mi-Juin puis reporté à fin Juillet
: le voici enfin !!!). Née Erica
>>> lire (13/10/03)
|
Quelques
goodies (dont des dessins d'Erykah) là : www.erykahbadu.com
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