· 7.30 pm
La nuit est maintenant tombée sur Londres et je me dirige
d’un pas décidé vers le Royal Albert Hall.
Va-t’il y avoir du monde ?
Réponse dès le hall d’entrée: plein !
Le tout Londres Black est la sur son trente et un ! Ca va du couple
branché qui travaille à la city aux familles complètes
avec parfois jusqu’a 3 générations de fans !
Hé hé hé, ça commence plutôt
bien
Je pénètre pour la première fois dans la sacro-sainte
et mythique salle.
Bon je ne suis quand même pas le seul blanc-bec de l’assistance.
Sur la scène, une batterie monstrueuse, une armée
de synthés, un ensemble de percussions…Ca va être
du lourd !
Alors que tout ce petit monde est encore en train de s’installer,
déboule sur scène un quatuor qui nous fait 15 minutes
d’a capella de piètre qualité. Personne n’y
fait gaffe. Et puis tout d’un coup les lumières s’éteignent…

· 8.00 pm
…pour laisser place au 2ème acte de la soirée,
avant l’arrivée des Isley.
Damned !
Cette fois, c’est de qualité. Il s’agit du chanteur
britannique Lynden David Hall-très populaire ici chez les
habitués du jazz café- Il s’accompagne à
la guitare et est sobrement épaulé de percus et d’un
rappeur. A eux trois ils forment un band intitulé The Projex
Tiens c’est à surveiller ça…
Le rappeur promet qu’on va passer une soirée mémorable
car le show des Isley est, selon ses termes ‘hot’. Au
passage il félicite l’assistance : ‘Si vous êtes
là ce soir, c’est que vous aimez la vraie bonne musique
! Et je tiens à vous applaudir, c’est de plus en plus
rare’.
Quand je pense que Robbie Williams a sévit à
guichets complets dans la même salle il y a quelques temps…bigre
il a bien raison le rappeur de Projex !
Puis ils quittent la scène et nous rappellent que l’on
va maintenant voir des ‘légendes vivantes’
Hé je le sais ça banane ! Pourquoi crois-tu que
j’ai la chair de poule ?
· 8.25 pm
‘Ladies and Gentlemen, we will take a short break and come
back with the Isley brothers ‘round 9 o’clock’
Ils veulent ma mort !
· 9.00 pm
Cette fois, c’est la bonne. Tous les musicos prennent place.
Je reconnais un des claviers, il était déjà
présent lors de la tournée des Isley en 97, ce doit
être le directeur musical.

Merde ! C’est bien Ernie la sur la droite !!!!!
Il prend sa nouvelle gratte -splendide – avec un bouton de
rose accroche au bout du manche (celle qu’il exhibe fièrement
sur l’album Body kiss)
Jeux de lumières aveuglants, intro assourdissante d’une
trentaine de secondes.
Ronald Isley déambule calmement sur le coté droit
de la scène -foule en délire et standing ovation-
Sur de lui, vêtu d’un costard blanc, il adresse un sourire
genre bombe atomique à l’audience. On croirait un lion
qui pavane, quel charisme !
Hop ! C’est parti pour 2 heures de concert !
Between the sheets - Danse lascive de Papi Ronie
avec une ravissante beauté, jambes interminables et string
noir.
Les tubes s’enchaînent (voir le listing plus loin)
; tous les titres que l’on est en droit d’espérer
sont joués. Les premiers morceaux sont exécutés
rapidement – un peu trop? - façon pot-pourri. Sur les
tempos lents, toute la magie de la voix de Ronald est bien présente,
intacte.
Harvest for the world
Le public jusqu’à maintenant assez calme se lève
spontanément et reprend en cœur le chorus
Note : ce titre a été utilisé ici dans une
publicité pour les restaurants ‘Harvester’, ce
qui explique sans doute cela.
Z’imaginez ça vous en France ? Du Cameo ou du
Mandrill pour vanter les entrecôtes des hôtels grill
Campanile ? ha ha
Curieusement, je ne suis pas encore tout à fait rentré
dans le concert : je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai
passe l’après-midi dans un pub enfumé, et j’ai
du mal à emmagasiner tout ce que je vois, mais je papote,
je papote…
Pourtant, dès les premières notes de Who’s
that lady, tout change !
Crack ! Le choc ! Croyez-moi, entendre et voir Ernie jouer en live
ces notes si familières est une expérience bouleversante.
Ne vous moquez pas ok ? Le son de cette guitare est tellement magistral
que j’en ai eu les larmes aux yeux…
Et comme il y a toujours quelque chose de Hendrix chez Ernie
(Ronald rappelle au passage les débuts du guitar-hero chez
les Isley), eh bien il se déchaîne le bougre ! Il joue
avec les dents, entre les jambes, derrière la tête…
Après les misérables 30 secondes de solo que réserve
l’intégralité de l’album Body Kiss, cela
fait du bien de le voir exercer son talent en toute liberté.
Ronald s’éclipse en coulisses et
laisse un de ses chanteurs/danseurs prendre le relais pour un titre
: le Shake your body (down to the ground) des Jacksons. Cela pour
vous donner une idée du degré de ‘funkitude’
qui règne ce soir là !
Après cet intermède, Ron présente sa -fort
jolie- background singer et lui prie gentiment d’interpréter
toute seule comme une grande Amazing grace. Là,
j’ai un peu décroché ; je dois avouer que je
ne suis pas très fan des vocalises et trémolos façon
Maria Carey, mais bon…
· 10.30 pm
On revient a un répertoire plus funk – et quel répertoire
puisque Ron annonce le sublime Voyage to Atlantis
Ma préférée ! Oh Ronie tu t’en es
rappelé !
Aucune réaction de la foule. Pas même un applaudissement
(!) Aux US ce titre provoque l’hystérie collective,
mais pas ici !
Et c’est la que la surprise de taille intervient. Devant l’apparente
torpeur du public, Ronald promets l’apparition imminente de
l’inévitable Mister Biggs.
Le parterre (ici on ne dit pas la fôsse môôsieur)
devient fou, lève les bras aux ciels, Mister Biiiiiigs !
Le pire dans l’histoire c’est que les rangs du parterre
(à 60 livres la place) ne sont pas franchement occupés
par le public de base R&B! Va comprendre Charles…
Et quelques instants plus tard en effet, nous sommes gratifiés
de l’apparition de l’alter ego Biggs avec sa tenue habituelle
de Pimp chapeau feutre et costume croisé pour des versions
de Down low (le 1er opus de la saga Biggs tiré
de l’album de R. Kelly), une excellente interprétation
de Contagious (Eternal), et le dernier single
issu de Body Kiss, le duo un peu ridicule -c’est mon
avis- Busted. Les paroles sont affligeantes mais
mes voisines (un groupe de filles black entre 18-22 ans) les connaissent
par cœur et chantent à tue-tête!
Mister Biggs est donc aussi populaire outre-manche!

· 11.00 pm
Sur une version musclée de Fight the power,
les 5 ou 6 danseuses se déhanchent en petit short militaire,
ce qui n’est ma foi pas désagréable. Mais lorsqu’elles
dansent (façon ballet à deux francs six sous) avec
des voiles colorés sur les chansons d’amuuur, ça
fait un poil ringue.
Le concert touche bientôt à sa fin, et à ma
plus grande stupéfaction les musicos du groupe ont tout de
même besoin d’inviter la foule à faire plus de
bruit pour obtenir le retour des deux frangins.
Le rappel For the love of you remet tout le monde
d’accord.
Exit les Isley.
Soulseb
octobre 2003
Play-list du concert (a peu près dans l’ordre si ma
mémoire est bonne)
Intro
Between the sheets
Footsteps in the Dark
It’s your thing
Lay lady lay
Harvest for the world
Twist and shout
This old heart of mine
Who’s that lady
Shake your body
Amazing grace
Voyage to Atlantis
Summer Breeze
It’s a disco night – j’en suis plus très
sûr de celui-là
Love the one you’re with
Shout!
Make me say it again girl
Down low
Contagious
Busted
Fight the power
For the love of you
l
www.theisleybrothers.com
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