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N.B : Cette
traduction ne prétend pas à une transcription parfaite
et mot à mot du livret inclus dans la compilation. Certaines
tournure ont été modifiées, dans le but de
représenter l’idée du texte dans un français
« habituel », car certaines expressions américaines
n’évoqueraient rien traduites au mot à mot.
De plus, ne connaissant l’anglais que sous un certain aspect
« académique » et littéraire, je n’ai
pas toujours réussi à trouver une signification aux
tournures inhabituelles.
Veuillez donc excuser, par avance, les éventuelles traductions
imprécises ou manquantes (les phrases non traduites sont
repérées par un [ ] ). Néanmoins, je pense
que l’essentiel, telles les informations capitales sur la
carrière des artistes, ont été correctement
transcrites. Voilà, tout est dit, alors bonne lecture et
keep da Funk alive !.. funkyfeet
Le groove contre lequel ils ne peuvent
rien. Le funk indétrônable. Les « breaks »
qui ont fait brûler tes chaussures. [ ] Et n’oublions
pas la basse, qui a provoqué le plus inquiétant problème
d’incontinence que ton médecin ait examiné l’année
dernière. Ton « Powerkey » est-il au max ? Il
est de retour, et plus mauvais que la pire des soirées d’anniversaire
d’un mac de Harlem en 76 : c’est le Pulp fusion !
Cette fois, l’idée est
le Retour à la Brutalité. Cela sous entend-il que
le Pulp Fusion originel fut, peut on dire, une mouture plus faible,
un peu trop gentille ? En es tu sûr, John ? Tout ce que l’on
veut dire, c’est que cette vibe t’a manqué. Pulp
Fusion te l’a apportée. D’autres albums t’ont
peut être guidé en des lieux plus doux. Return To The
Tough Side te ramène dans le droit chemin.
Tu as besoin de cette violence pour
ressentir, par moments, la vie qui coule en toi. Et la voilà,
cette violence. Toutes les impros funkyjazz, [ ], tous les rythmes
groove auxquels tes hanches ne peuvent résister. Les enceintes
de ta caisse vont bientôt sentir passer le souffle, alors
balance ton portable dans le canal, et dis à tes potes bavards
de la boucler : Pour savourer ces perles, la paix est nécessaire.
Ces mélodies vont être la bande son de ta vie dans
un futur très proche. Que faire, à part les aimer
?
1/ O’Donnell
Levy : Bad Bad Simba
Simba / Groove Merchant / 1973
George Benson est le guitariste
jazz que ta grand-mère connaît. Il fut un temps
où l’on essaya de faire la même chose avec
O’ Donnell Levy. On l’affubla de complets de singe
; on lui mis une cravate autour du cou [ ], mais on ne put
tuer le funk en lui. Même pendant sa période
la plus tendre, quand il CHANTAIT, il émanait de lui
malgré tout. Son œuvre, en particulier celle du
début des années 70, avec Groove Merchant, est
chargée de pépites de bon groove, qui servent
de samples aux mixeurs actuels. La reprise ultra sensuelle
par Levy de « People make the world go wrong »,
des Stylistics, par exemple, fut samplé par le groupe
de rap de Mowax, Blackalicious. « Bad bad Simba »,
de son album de 73, Simba , l’amena à explorer
les thèmes africains, en les associant à un
groove fluide et des trilles de guitares serrés, dans
son style le plus pur. Et si tu n’as pas encore entendu
ces rythmiques étranges et semi distantes de cor dans
une demi douzaine d’enregistrements depuis lors, n’aie
crainte, tu les entendras bientôt. Enfin, oui, ce bref
passage déchaîné de batterie est gracieusement
offert par Mr Solid, Steve Gadd.
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2/ Grover Washington
Jr : Knucklehead
Feels So Good / Motown / 1975
La superstar du sax des années
70, Grover Washington Jr, est devenu célèbre
par ses versions plus jazzy des mélodies de Marvin
Gaye ; ses albums Motown, ainsi que ceux de la filiale de
Kudu, CTI, s’arrachaient comme des petits pains dans
les années 70, malgré le dédain accordé
par certaines critiques aux arrangements orchestraux. Mais
les mêmes critiques s’adressaient à Bob
James, qui écrivit les charts pour Knucklehead de Washington,
inclus ici, et extrait de l’album de 75, Feels so Good.
[ ] Des artistes de hip hop, de Tim Dogg à Ksolo (on
reconnaît « Knucklehead » dans « Fugitive
» ), peut être en fouillant dans la collection
de disques de leurs parents, l’ont pillé pour
confectionner leurs rythmes. Washington est devenu un saxophoniste
de choix pour Roy Ayers, Bob James, Charles Earlands, ainsi
que pour les bandes musicales de films si nombreuses qu’il
ne pourrait se souvenir de tous.
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3/ Gary Bartz : Celestial Blues
Harlem Bush Music - Uhuru / Milestone
/ 1970
Gary Bartz a usé de
ses saxophones alto et ténor pour supporter de nombreuses
sessions, et, au fur et à mesure que le jazz absorbait
le funk, il était considéré comme un
des successeurs les plus probables. Le plus impressionnant
fut le respect qu’il obtint des maîtres tels Miles
Davis et Art Blakey, après avoir œuvré
à leur coté. Pour rajouter à son palmarès,
il enregistra au début des années 70, en compagnie
du groupe NTU Troop, une poignée d’albums aux
influences africaines, dont Harlem Bush Music (1971), duquel
nous tirons « Celestial Blues », écrit
par le chanteur Andy Bey, qui a [collaboré ?] avec
Pharoah Sanders er Duke Pearson. S’il existe un funk
pour l’esprit, « Celestial Blues » en fait
partie. Après une période où les critiques
(mais non les musiciens) le considéraient comme un
artiste en mal d’inspiration pour avoir dévié
vers le disco, Gary Bartz recouvra son crédit à
tel point que, au début des années 90, il comptait
de nouveau parmi les saxophonistes les plus reconnus.
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4/ Soul Searchers
: Blow your whistle
We the people / Sussex / 1972
Après des années
de dur labeur, et de troubles que de nombreuses formations
funk importantes ont traversés, dont des démêlés
avec la justice, Chuck Brown obtint finalement quelque soutien
au milieu des années 80, quand le gogo, son qu’il
avait expérimenté sur Chocolate City (Washington),
devint rapidement à la mode. Le « Bustin"
Loose » de Chuck s’éleva au rang d’hymne.
Mais C.Brown était déjà un vétéran
à cet instant, ayant dirigé les Soul Searchers
pendant 15 ans au total. Plusieurs mélodies des années
70 des Soul Searchers (sur Sussex) ont été reprises,
parmi elles « Think » et « Ashley"s
Roachclip », qui fut pillée par tous, de EMF
(« Unbelievable », rien de moins) jusqu’aux
Geto Boys avec « Scarface ». Du même album
que « Ashley"s Roachclip », Salt Of The Earth
(1974),nous t’offrons le groove rageur de « Blow
your whistle ». Whistle possee, vous êtes là
? Essayez de les arrêter, pour voir.
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5/ Bob James : Nautilus
One / Warner Bros / 1974
Le maestro du clavier Bob James
figurait parmi ceux que l’on entendait dans les clubs
londoniens du milieu des années 70.[ ] Un des chefs
de la scène originelle, James transformait tout ce
qu’il touchait en or, et ses premiers albums sur CTI
n’ont pas pris une ride. « Nautilus » est
un exemple typique. Dernier single de James de ses débuts
sur CTI (« One »), « Nautilus » a
depuis été repris par de nombreux rythmes, fournissant
des tempos à quantité d'artistes, de Erik B
& Rakim (« Follow The Leader ») à Onyx
(« Throw Ya Gunz »). Une seule écoute suffit
pour comprendre la raison de cet engouement. James s’est
ensuite largement diversifié, composant des thèmes
musicaux pour la télé et le cinéma, «
Taxi » , par exemple (NDTraducteur : Probablement sans
rapport avec le film de Luc Besson..), et, en définitif,
n’a jamais été quelqu’un de facile
à retenir, ayant collaboré avec tous, de Quincy
Jones à Aretha. Bob aime aussi le golf, et c’est
quelqu’un qui conviendra à tous les bunkers du
jazz.
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6/ Blue Mitchell :
Dorado
Graffiti Blues / Mainstream
/ 1973
Blue Mitchell, d’abord
au sein d’une troupe en compagnie des soul brothers
Whitey et Red Mitchell, finit par rejoindre, pour une longue
période, la formation d’Horace Silver, enregistrant
sans relâche pendant les années 50 et 60 pour
Blue Note, Riverside et Atlantic. Le morceau considéré
ici, « Dorado », date de ses prestations en 1973
sur Mainstream, et est résolument funky, avec un superbe
jeu de piano du Crusader Joe Sample. Tu as déjà
entendu « Good Humour Man » de Mitchell samplé
par les UMC dans « One To Grow On ». Malheureusement,
Mitchell n’a jamais pu réclamer de droits d’auteur
ou de royalties de ce sample : Il meurt en 1979, et rejoint
la liste des jazzmens méconnus par un monde qui, aujourd’hui,
saute à la cadence de ses rythmes.
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7/ Herbie Hancock
: Wiggle Waggle
Fat Albert Rotunda / Warner
Bros. / 1969
Le palmarès d'Herbie
Hancock est sans borne : Miles Davis ; la musique du film
"super hip" du milieu des années 60, "Blow
Up", réalisé par Antonioni ; "Watermelon
man", au centre d'une pléthore de classiques signés
Blue Note ; les Headhunters, ou encore la bombe électro
"Rockit". "Wiggle Waggle", de son album
Warner de 1971 Fat Albert Rotunda ( Herbie avait composé
la musique pour "Hey, it's fat Albert", une série
TV de Bill Cosby ), contient un riff similaire à son
"Bring Down The Birds" sur l'album Blow up. "Bring
Down The Birds" offre d'ailleurs le thème pour
former la rythmique de base de "Groove Is In The Heart",
par les Deee-Lite. "Wiggle Waggle" n'a tout de même
pas connu un tel succès. La reprise la plus connue
est celle de King Bee avec "Back By Dope Demand",
mais elle s'oriente funk bien plus nettement que son prédécesseur.
Et si tu as un jour la chance de pouvoir te procurer "Fat
Albert Rotunda", fais le; Tupac l'a certainement fait,
on l'entend dans "If My Honey Cells"...
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8/ Clarence Wheeler
& Enforcers : Right On
Doin' What We Wanna / Atlantic
/ 1970
L'album des débuts de
Clarence Wheeler & Enforcers, Doin' What We Wanna, sur
Atlantic en 1970, représente un pur moment funk composé
de lignes d'orgues, sur un accompagnement au saxophone. Installé
à Chicago, Wheeler, un ténor qui, au fond, n'a
jamais obtenu la reconnaissance méritée, a travaillé
avec assiduité pour Atlantic, signant avec Brother
Jack McDuff, dont le style rappelle étrangement "Right
On". L'organiste ici est Sony Burke, qui s'attaque au
"Theme From Electric Surfboard" de McDuff autre
part dans l'album. Mais "Right On" est le morceau
le plus infernal de Wheeler : Si tu ne le connaissais pas,
il te dégommera sur place
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9/ Ramsey Lewis Trio
: Slippin' Into Darkness
Upendo Ni Pamoja / Columbia
/ 1972
Ramsey Lewis a eu une carrière
qui a couvert, comme un de ses innombrables albums sur Chess
Records le dit, "de Bach au Blues". Véritable
assise du renouveau jazz, grâce à ses nombreuses
reprise des hits soul des années 60, Lewis déserte
Chess pour CBS dans les années 70, à peu prés
en même temps que son batteur pilier, Maurice White,
le délaisse pour former le groupe Earth, Wind &
Fire. Tirée de son album de 1972 Upendo Ne Panoja (
l'amour c'est ensemble ), sa reprise de "Slippin' Into
Darkness", de War, dégage autant de sensualité
que ce qu'elle laisse espérer, grâce au Fender
Rhodes suave de Ramsey, qui maintient le groove lascif de
la première à la dernière note.
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10/ Deodato : September
13
Prelude / 1972 / CTI
Tous les musiciens brésiliens
de jazz n'ont pas fait de la bossa et de la samba leur domaine
de prédilection. Eumir Deodato, natif de Rio, a nettement
plus gouverné le monde funky-jazz de la ville. [ ]
Comme producteur et arrangeur, il a oeuvré pour de
nombreux artistes, de Kool & The Gang à Roberta
Flack, mais sa création la plus déterminante
était destinée au label de fusion innovateur,
CTI. Son album Prelude en 1972, dirigé par les batteries
de Billy Cobham, à qui Deodato confia un immense orchestre,
révéla un hit sous la forme d'une version funk
du thème de Strauss dans "2001, l'odyssée
de l'espace" ( NDT : "Le Beau Danube Bleu"
). Mais ce fut "September 13" qui frappa l'attention
des clubistes de jazz, et continue d'ailleurs aujourd'hui.
Voilà un méchant groove, et si, en l'écoutant,
tu ne vois pas d'infinies rues tentaculaires d'une ville malfamée
se déroulant devant toi, c'est que, tout simplement,
la vie t'a quitté(e).
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11/ Mandrill : Fat
City Strut
Just outside of town / Polydor records
/ 1973
Mandrill. Un sacré morceau
de groupe originaire de New York, qui reflète la diversité
culturelle de la ville, introduisant latin jazz, salsa, ainsi
que tout ce qui pouvait bien y contenir, dans leurs bagages.
Ils n'ont jamais connu le soutien médiatique mérité,
bien que le moindre mixeur connaisse la qualité de
leur groove. [ ] En tant que parieur avisé, tu dois
déjà connaître "Mango Meat",
du même album ( Just out of town ), et à l'origine
du classique des Jungle Brothers "Straight Out The Jungle".
[ ]
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12/ The Salsoul Orchestra
: Getaway
Magic Journey / Salsoul / 1977
The Salsoul Orchestra, dirigé
par le maître des percussions et de l'ambiance sonore,
Vincent Montana Jr, sortit une série d'albums dans
les années 70 et début des années 80,
aujourd'hui très recherchés. Cet ensemble conséquent
( 65 musiciens ont participé à l'album considéré
ici, Magic Journey, en 1977 ), rempli de joueurs travaillant
aussi pour le label rival de Philadelphia International, MFSB,
était spécialisé dans les sons disco
à la mode, mais pouvait aussi connaître ses exubérances
jazzy, comme "Getaway"". Montana, un des héros
oubliés du groove, a collaboré avec tous les
grands, de Keni Burke ( le légendaire "Risin'
To The Top" ) à Lolleatta Holloway, et son hit
du début des 80's, "Heavy Vibes", reste un
des meilleurs moyens de remplir la piste de danse dans les
clubs avertis.
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Voilà l'essence du Pulp Fusion
II. On t'a promis du funk, et tu as eu du funk. On t'a promis du
jazz, et tu as eu du jazz. On t'a promis le Tough Side, et tu l'as
eu. Maintenant, prépare ton matériel à un passage
en boucle, et il ne te reste plus qu'à prier pour que le
Pulp Fusion III arrive avant que ta chaîne n'ait rendu l'âme.
Texte par Ian McCann
funkyfeet
mars2003
Crédits lp et images par mys35
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