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Mardi 16 juillet 2002 : Ahhhhhhhhhhhh je m'étire parce que
je risque d'avoir des crampes dans les doigts sous peu... je suis
revenu du NORTH SEA JAZZ FESTIVAL lundi et je ne m'en suis
pas encore remis.... j'ai comme qui dirait un léger retard
de sommeil à rattraper...
Tout d'abord un voyage dans les meilleures conditions avec Mys35
(sans Mister 36) et Funkygirl où on a passé notre
temps à faire des blindold tests et à bouffer des
sandwiches (pour moi) et à fumer des clopes (pour les deux
sisters! hahaha)
J'étais arrivé en avance sur le festival (mercredi
dernier) pour pouvoir assister aux concerts en plein air et en ville
(gratuits) pour ce qu'ils appellent 'Heats Den Haag' qui
est une manière de présenter certains artistes hors
festival pour mettre les gens en appétit...
Ces concerts avaient lieu Jeudi soir puisque le festival proprement
dit se passait les Vendredi, Samedi et Dimanche....
Mercredi je devais aller voir George Clinton et ses PFAS
à Amsterdam... mais comme j'avais aussi rendez-vous avec
Dawn Silva (ex-Sly & the Family Stone, ex-Bride of Funkenstein
et Parliament Funkadelic, et ex-Gap Band) je ne pouvais pas refuser
cette rencontre. En fait je pensais qu'elle aurait eu à coeur
de revoir ses anciens petits camarades... Que nenni... je passais
donc la soirée en sa compagnie et celle de Jeanette Washington
(ex-Parlet autre groupe de filles sous la houlette de Clinton dans
les années 70 qui a enregistré trois des plus beaux
opus du P-Funk) et un Funkateer venu de Washington DC qui allait
comme moi les accompagner pendant toute la durée du festival.
Le jeudi donc, Beverly Knight et Dawn Silva avec des
sets se chevauchant légèrement...
En attendant Dawn dans le lobby de son l'hôtel je me retrouve
assis à côté des choristes de Beverly
qui arrive ensuite en jeans moulant avec un petit haut transparent
(...) et d'une veste en cuir vert. J'ai déjà entendu
parler de la jeune femme (anglaise) et toujours en bien mais pour
une raison inconnue je n'ai encore pas acheté le moindre
de ses albums (une tare qui sera rectifiée dans les prochains
jours!). Elle s'engouffre dans sa limo direct pour le concert...
Elle déploie une énergie absolument invraisemblable
et on peut dire sans hésiter qu'elle est une vraie bête
de concert à ne manquer sous aucun prétexte si elle
est dans vos quartiers... Sa version de I FEEL 4 U (popularisée
par Chaka Khan) n'a rien à envier à l'originale et
le groupe est vraiment très au point. En plus la demoiselle
joue des claviers de manière subtile et sa voix est excellente...
Le public qui bonde la place où elle se produit semble avoir
la même opinion que moi à en croire les vivats....
Dawn
se produit deux cent mètres plus loin dans la cour qui est
au centre des bureaux des ministères Hollandais.... Magnifique
endroit avec des vielles pierres....
A 22h précises Seven Eleven le groupe Hollandais (dont
je vous ait déjà parlé www.seveneleven.nl)
de funk qui accompagne Dawn démarre sur les chapeaux de roues...
Dawn attaque ensuite la scène avec une maîtrise égale
à son talent, le tout travaillé depuis 1975 date à
laquelle elle avait rejoint Sly et sa Family Stone (période
albums Fresh et High On You)... Le concert se déroule de
façon parfaite mais l'on sent quand même que quelques
points peuvent être améliorés au niveau de la
séquence des morceaux et de la mise en scène du théâtral
'Red Light District' qui fait revivre la première expérience
de Dawn avec le quartier chaud d'Amsterdam lors de leur première
tournée européenne en 79 avec Funkadelic Parliament...
Bonne mise en jambes pour ce qui s'annonce être trois jours
de folie....
"Hollande My Way.........! 2ème Partie"
Le Vendredi ayant raté le concert de Clinton et ses PFAS
à Amsterdam je décide de me rendre à Utrecht
pour les attraper sur la scène du Tivoli un magnifique ancien
théâtre au bord des canaux de cette ville magnifique....
Pendant ce temps là je suis conscient que je rate une journée
qui ouvre de façon magistrale le festival avec notamment
(entre autres parmi les 66 programmés ce jour là!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!)
Gary Bartz quartet (une légende du sax que je voulais
absolument voir), Roy Haynes, Benny Golson, Joe Zawinul, David
Sanborn, Angie Stone, Al Jarreau, Herbie Hancock (dans la version
que vous avez vu à La Villette), ou encore Bilal, Bugge
Wesseltoft, Uri Caine, Dee Dee Bridgewater ou Wayne Shorter....
bref du très beau linge.....!!!!!!!!!!!!!!!!
Mes fidèles associées avec lesquelles j'ai voyagé
(Funkygirl et Mys35 ), me donneront un compte rendu plus que passionnant
de cette journée... Mais bon la vie est faite de choix et
il fallait évidemment être résistant pour pouvoir
assumer un tel choix....!
Sans les coulisses à Utrecht où je suis introduit
grâce à mes relations avec la road manager du groupe
(Marcy G), on est tout de suite mis dans l'ambiance... Il faut dire
qu'avec un line-up de plus de 20 musiciens, quelque soit la taille
des loges proposées dans les salles de concert 'normales',
l'équipe se trouve toujours un peu à l'étroit
c'est le moins qu'on puisse dire... Ils ont joué la veille
au Festival à Dour en Belgique et commencent à être
sérieusement fatigués par un périple qui ne
leur laisse que peu de répit, à tel point que plusieurs
d'entre eux en profitent pour laver leur effets personnels dans
les machines à laver qui sont backstage!
Les autres s'échauffent en prévision des 4 heures
(durée moyenne d'un concert des PFAS). J'en profite pour
discuter le bout de gras avec Michael 'Kidd Funkadelic' Hampton
(le soloïste de 'Maggott Brain'), ou encore Greg Thomas
le sax, Razorsharp Johnson le clavier, 'Clip' Payne,
et bien sûr George himself qui m'accorde une interview sur
le spot de 20 minutes....
Le concert commencera par deux titres d'un groupe de rap que George
a pris sous son aile puis de IZM un nouveau groupe de funk
également promu par Dr Funkenstein. Ce groupe m'étonne
d'entrée par son bassiste, un malade qui joue gaucher avec
une basse pour droitier cordée pour droitier.... résultat
une technique et un son vraiment à part puisque les plucks
se font en haut alors que pour une fois le pouce tape en bas...
totalement surréaliste et franchement innovateur... Il faut
dire qu'il est loin d'être un manchot... trois ou 4 titres
plutôt bruyants et c'est l'heure des PFAS... Contrairement
aux concerts d'Amsterdam ou de Paris (d'après les échos
que j'ai eu du concert de Samedi soir au Stade Charléty),
çà joue plutôt Parliament que Funkadelic
ce soir là, c'est à dire plus groove et funk que rock
et guitares psyché... çà change et le son est
absolument parfait (sans doute grâce aux vertus de cette salle
vraiment exceptionnelle). Ils jouent un groove fort lent mais extrêmement
funk avec l'addition de deux choristes blanches (!) qui auront un
peu plus tard leur moment de gloire sur la version du classique
de Philippe Wynne 'Never Gonna Tell It' que je n'avais encore
jamais entendu en concert...
Le seul moment un peu kitsch et relativement dispensable à
mon avis est la reprise pendant un bon quart d'heure de classiques
du rock (Jerry Lee Lewis)....une bizarrerie également inédite...
George et ses acolytes sont néanmoins en pleine forme et
4 heures plus tard il est temps de rentrer se coucher pour se préparer
pour la nuit suivante qui promet de belles émotions encore...
Hollande My Way.........! 3ème Partie"
Samedi 12.... Difficile réveil... Il faut se diriger en
début d'aprème vers le Golden Tulip où la majorité
des artistes se trouvent pour récupérer nos passes
pour le concert (merci Dawn pour ces avantages précieux qui
permettent de voir tout gratos et en plus de pénétrer
backstage...) Là encore les choix sont difficiles car beaucoup
d'artistes ont des sets qui se chevauchent ou sont carrément
superposés (vu le nombre de salles de concerts -15-). Parmi
d'autres citons, Charles Lloyd, Archie Shepp, Toots Thielemans,
Clark Terry, Heath Brothers, Wayne Shorter quartet, Michel Camilo
avec Anthony Jackson, Oleta Adams, Bela Fleck, Al DiMeola, St Germain,
Gilles Peterson, Tuck & Patti, Yellowjackets, Gilberto Gil,
Joao Bosco, Diane Schuur, Candy Dulfer & Funky Stuff, Trilok
Gurtu, Cedar Walton trio, Spearhead et bien sûr Dawn
Silva pour son grand show...
Inutile de dire que le choix prend presque plus de temps que de
les voir!
Ce seront donc C.Dulfer, Dawn Silva, Yellowjackets et Oleta Adams...
Candy joue dans le plus grand hall (elle est Hollandaise et elle
bourre la salle sans problème même si c'est plus grand
que Bercy!) et le son n'y est pas excellent car trop de résonance,
trop de monde et surtout trop de bière... Il faut imaginer
que les hollandais ne sont pas comme nous. Ils vont voir un concert
mais tous avec un verre à la main et tous rechargent un nombre
de fois incalculable... Il faut donc marcher en permanence sur un
sol jonché de verres en plastiques (ce qui est assez moyen)
et rendu glissant par les inévitables débordements
de bière et les secousses... Un autre truc hallucinant pour
qui n'a pas été dans un truc de ce genre en Hollande
c'est que des gusses se baladent avec des fûts de bière
dans des sacs à dos spécialement conçus pour
çà, avec un distributeur de gobelets sur le côté.
Se baladant dans tout le hall et repérables à distance
grâce à un fanion et une lumière rouge allumée
en haut de ce mât improvisé, ils dispensent à
qui le veut des bières pression grâce à une
manette qu'ils tiennent à bout de main gauche... Bref une
hallucination...
Mais revenons à la musique... Candy s'acquitte honorablement
de son travail en reprenant ses tubs (Sax -a -Gogo ou encore
Pick Up The Pieces le classique d'Average White Band
dans une version revisitée) et possède un des groupes
les plus en forme. Le bassiste et le clavier (qui chante divinement)
sont au dessus du lot.
Ensuite vient le moment de vérité (pour moi) avec
Dawn Silva. Elle se retrouve dans ce qui est pour moi la meilleure
salle du festival (à défaut d'être la + grande)
le Paul Acket Paviljoen. Une scène très large et pue
profonde qui permet de voir tout le monde sans encombre. De plus
elle est suffisamment basse pour nous permettre (nous les gens du
premier rang!) de prendre des photos dans les meilleures conditions...
Un
set de folie s'ensuivra avec à un moment pas moins de 20
personnes sur scène avec les danseuses hyper sexy, les 4
background singers, les 4 cuivres (deux membres de la section Chops
qui sortit un disque dans les années 80), deux guitaristes,
deux claviers, un bassiste, un batteur, un rappeur, bref de quoi
occuper visuellement l'espace...
Dawn elle même enflammera la salle dès son arrivée
avec une attitude extrêmement agressive et des tenues suggestives,
plus un savoir faire augmenté par la confiance qu'elle a
retirée des 7 heures de répétitions qu'elle
a dirigé la veille.
Elle reprend ses plus grand standards (dont le magique 'Disco
To Go' avec son riff de cuivres à terrasser la salle
la plus glaciale) et bien sûr des titres phares du répertoire
de Parliament comme 'Red Hot Momma', 'Tear The
Roof Off The Sucker' et j'en passe. Elle a une heure et quart
pour convaincre mais elle mettra beaucoup moins de temps que celà
pour mettre tout le monde dans sa poche... Un set d'anthologie avec
le duo formidable qu'elle effectue avec Jeanette Washington ...
Les papiers du lendemain dans les équivalents du Monde ou
du Figaro parlent d'elle comme la révélation du festival
et des artistes comme Candy, Angie Stone et les autres auront
droit à une photo de la taille d'une demi carte postale voire
plus petit encore tandis que Dawn aura dans les deux plus gros quotidiens
un quart de page entier... Lors des interview auxquelles j'assiste
le lendemain, certains journalistes qui ne la connaissaient pas
avouent avoir pris une claque, et être passés dans
l'intention de jeter un oeil pour finalement rester toute la durée
du set et demander en urgence un entretien avec la diva du funk!
hahaha
Hollande My Way.........! 4ème Partie"
Bon ensuite c'est Oleta Adams... c'est un cas... j'ai beau
avoir quelques disques à la maison je n'avais jamais constaté
l'importance de cette dame... Là çà me frappe...
dans une salle somptueuse en amphitéâtre, elle distille
un concert d'une pureté invraisemblable. Le groupe est magique
avec à la basse un ex-musicien de Prince devenu un ami StPaul
Peterson (il a fait partie de The Time période
Ice Cream Castles et de The Family le groupe dont l'unique
disque est une merveille et qui a fait la version -la meilleure
ama- originale de 'Nothing compares 2 U' qui fût un
tube pour Sinead O'Connor plus tard).
Oleta lance ou termine nombre de morceaux a capella avec une voix
d'une pureté angélique... Pour moi c'est une révélation.
Ma voisine (Funkygirl) essuie même des larmes à la
fin de ce morceau dont je ne connais pas le titre mais dont le début
commence comme ceci 'You can reach me by aeroplane, You can reach
me by train....'...
Tout le monde est sous le charme et pour une fois personne
ne se lève pour aller se bourrer la tronche à la bière
ce qui veut dire beaucoup par ici! hahaha
Yellowjackets sont très bon aussi mais ils ont la
délicate tâche de suivre sur scène Dawn Silva...
ils s'en tirent assez bien mais doivent quand même subir le
contrecoup de la furie qui est passée avant eux....
Il faut dire qu'ils l'ont bien cherché en magouillant pour
terminer la soirée (dans cette salle en tous cas) au lieu
de Dawn... Celle ci sûre de son pouvoir avait accepté
avec d'autant plus de célérité que son show
prenait alors place à 22h15 au lieu de 00.15 heure à
laquelle certains festivaliers sont déjà tellement
fatigués qu'ils prennent le chemin du retour...
Là dessus une petite nuit de repos avant le dernier jour
et des pointures dans le genre :
Gino Vanelli, Ike Tuner et ses Kings of Rythm, Buddy Guy, Marcus
Miller, Chaka Khan, Deodato (un de ses deux seuls concerts des
10 dernières années!), Azymuth, Leon Ware et Sandra
St Victor (le fabuleux auteur de I Want You pour Marvin
Gaye et de nombre de ses autres tubes!!!), Stanley Clarke, Clark
Terry, Terri Lynne Carrington (accompagnée par la fabuleuse
Patrice Rushen aux claviers), Gary Burton avec Makoto,
McCoy Tyner, ou encore Evin Jones ou Cassandra
Wilson.... là encore la place manque pour citer tous
les artistes se produisant ce jour là....
Arrivé en retard à cause des interviews de Dawn Silva,
je prend le train en route avec Ike Turner... malgré
sa baisse de popularité il reste un des innovateurs de la
musique noire américaine et une de ses icônes.
Leon Ware et Sandra St Victor font un set magique où
je ne pensais rester que le temps de prendre quelques photos et
où je suis resté jusqu'à la fin tellement les
vibrations étaient bonnes. Il chantera évidemment
I Want You et quelques autres perles, signatures de son génie
créateur.
Ensuite en dégustant une des nombreuses spécialités
culinaires proposées par la multitude des stands (organisation
formidable) qui permettent de manger aussi bien des sushis que des
homards, de la cuisine indonésienne, des huîtres (si!!!),
du poisson pané (mais du vrai et frais!!), des crêpes
ou bien les plus traditionnels sandwiches, pizzas, hamburgers),
je parviens à attraper Marcus Miller au milieu de
son show ... Classique et toujours excellent avec Lalah Hathaway
aux vocals, Poogie, Dean Brown, Patches Stewart et la clique...
Rien à dire. Il prend les rênes dans la plus grande
salle du festival et fait onduler de joie les Hollandais.
Suit enfin la figure qui clôt ce festival, la chanteuse la
plus influentielle de ces dernières 25 années dans
la musique black (hormis le jazz bien sûr) je veux parler
de Chaka Khan.
Les rumeurs les plus diverses circulaient ces dernières années
quand à l'état de son organe vocal (suite à
ses problèmes avec les substances illégales...) et
je l'avais moi même vue en piètre forme il y a quelques
années.
Là, tel le phoenix elle renaît de ses cendres. Bien
sûr elle n'a plus la taille de guêpe de son époque
avec Rufus mais elle est sans complexe et apparaît dans un
body intégral moulant noir qui ne laisse rien dans l'ombre....
Sa voix des les premières notes efface tous les doutes et
elle apparaît à son meilleur niveau. Passant en revue
tous ses tubes (Rufus y compris), Tell Me Something Good,
Watcha Gonna Do For Me, ou encore le célébrissime
I'm Every Woman (qui met un point final à la discussion
de ceux qui penseraient encore que la version de Whitney Houston
est la meilleure... Whitney qui fût d'ailleurs sa choriste...)
où elle atteint la perfection.
Bref une conclusion magistrale à 5 jours de folie au pays
des moulins à vents, des kippers et des speculaas (cette
délicieuse friandise au gingembre!).
Voilà j'espère que vous ne vous êtes pas encore
endormi mais moi je sais que si l'occasion se représente
je n'hésiterais pas une seule seconde à retourner
profiter d'une programmation aussi dense qu'intéressante
même si on est obligé d'en rater beaucoup pour en voir
quelques uns....
Je pourrais encore développer quelques parties mais je commence
à être un peu fatigué...
Merci encore à mes deux camarades de funkitude Mys35 et Funkygirl
pour ces délicieux moments passés en leur compagnie
et surtout à Dawn Silva et Jeanette Washington pour m'avoir
fait partager tout çà aux premières loges....
Rendez-vous lors de la sortie du DVD du concert de Dawn pour que
vous puissiez juger par vous mêmes si j'ai été
trop dithyrambique et pas assez critique!
Wonder B
Septembre 2002
de gauche à droite : Funkateer Genius, Mys35, WonderB,
Wahaze
de rose vêtues : Afrodeeeth & Funkygirl
assis : Sleevemaster
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