Candy DULFER – Right in my Soul
(Eagle 20009-2003)

par Funkygirl

www.candydulfer.nl

Née le 19 Septembre 1969 à Amsterdam, Candy a débuté le saxophone à 6 ans, âge ou son père, Hans Dulfer (célèbre saxophoniste de Jazz) décèle son potentiel et l’inscrit à l’école de musique locale.
Précoce (et surdouée) la petite sucrerie (Candy…ndrl) ??? C’est peu de le dire : à 11 ans, elle enregistre pour la première fois avec son père, à 12 ans elle joue au célèbre, North Sea Jazz Festival… Entre 12 et 14 ans, elle accompagne souvent son père sur scène, dans le circuit des clubs de la capitale hollandaise.

Mais ce n’est pas tout, la jeune saxophoniste (Alto) monte dès 1983, son propre groupe, The Funky Stuff. De télé nationale en radio, tout le monde s’intéresse à Candy en Hollande, elle devient la sensation du moment, les contrats de maison de disques affluent mais elle les refuse tous… préférant sans doute s’aguerrir avant d’aller plus loin…

Leur premier grand rendez-vous consiste à assurer la première partie de Madonna, en 1987, lors de son concert de Rotterdam. Il s’agira en fait plus d’une improvisation en Live et Candy (qui a déjà de l’ambition) décidera l’année suivante de remodeler complètement son groupe pour obtenir de meilleurs résultats.

C’est alors qu’elle fait la connaissance de Prince… En 1988, elle est choisie pour précéder les trois shows princiers du Lovesexy Tour en Hollande mais au dernier moment le nain pourpre décide de se passer de 1ère partie… Et c’est là que Candy, n’écoutant que sa colère et sa déception, lui écrit un mot en lui indiquant qu’il venait de perdre une excellente occasion de voir une fille « 'play her ass off' on the saxophone ». (Gonflée !!! çà montre comme elle a du caractère Candy…J’adore ;o))) et elle a bien fait puisque 2 jours plus tard Prince s’excusera et l’invitera à le rejoindre sur scène pour un blues improvisé… Elle impressionnera non seulement le public mais également The Artist qui la conviera à venir dans la foulée collaborer à plusieurs projets avec lui aux Etats-Unis.

Candy participe alors aux enregistrements de certaines parties de saxophone pour The Time, Jill Jones, Patti LaBelle ou encore la Bande Originale alors enregistrée par Prince : Graffiti Bridge. C’est elle qu’on voit aussi dans le clip « Partyman ».
Prince lui propose de l’accompagner dans sa future tournée mondiale mais après avoir longuement hésité, elle refuse, pensant qu’il serait mieux pour elle de suivre sa propre voix en retournant auprès de son groupe. Ce ne sera que partie remise…

Mais avant de quitter les Etats-Unis cette année-là, Candy enregistre quelques titres avec Dave Stewart (la moitié d’Eurythmics). Le fruit de cette collaboration donnera le hit cool « Lily was Here » qui a été N°1 en Europe. Ce succès inattendu convaincra totalement Candy, cette fois, de l’intérêt de travailler sur son propre album solo : elle signe avec BMG et sort, en 1990, 12 titres (dont quelques-uns composés par elle-même) qui constituent son premier album « Saxuality » (Elle en vendra 1 Million à travers le monde : pas mal pour un début ;o)). A noter que celui-ci contient une reprise funky de « So What » en plus du hit-single avec Stewart).

Et ce n’est pas tout : impressionné par son jeu, elle est invitée par Van Morrison à jouer à plusieurs reprises avec Pink Floyd, dont au fameux Knebworth Festival où elle se produira devant sa plus grande audience à ce jour, quelques 130 000 personnes…

En 1993, elle sort son deuxième album « Sax a Go-Go », une sorte d’hommage à ses inspirations majeures dont on retrouvera une partie d’entre eux en guest : Maceo Parker, Pee Wee Ellis et Fred Wesley (le trio magique des JB’s), mais aussi Emilio Castillo de Tower of Power. Elle y reprend d'autre part « Pick Up the Pieces » de Average White Band et nous propose un inédit écrit et offert par Prince (autant l'album est bon,
autant ce titre là n'est pas mirobolant, pour être totalement honnête)

Et elle enchaîne en 1995, avec son troisième opus « Big Girl » : cette fois les deux principaux invités sont David Sanborn (son idole depuis toute petite) au Saxophone et Chris Ballin au chant.
Les choses s’accélèrent puisqu’en 1997, c’est déjà « For the Love of You », sa quatrième sortie qui lui permettra de se produire dans plusieurs villes américaines et d’asseoir définitivement son statut de star internationale (après ses tournées sold out en Asie et la renommée acquise en Europe).

C’est le moment que choisi Prince pour lui passer un nouveau petit coup de fil et l’inviter à le rejoindre pour quelques shows américains et certaines dates en Europe en 1998. Elle y côtoiera des légendes comme Larry Graham (Elle intègrera d’ailleurs la section de cuivres de Graham Central Station pour l’occasion) et Chaka Khan.

L’année suivante (1999), Candy sort « Girls Night Out », son cinquième album : auquel participeront encore une fois Fred Wesley et Pee Wee Ellis, le trompettiste Jazz Arturo Sandoval, le bassiste Jerry Preston et le populaire Jonathan Butler. L’album sera finalisé et mixé à New York et Los Angeles et verra le retour de titres plus funky et dansants, ainsi qu’un début d’intégration (à dose homéopathique) de nouveaux styles comme le hip hop, la house et même la jungle.

En Février 2001 c’est enfin la sortie de l’album Live « in Amsterdam » tant attendu : il a été enregistré en Octobre 2000, en présence d’Angie Stone et de Dave Stewart et est disponible sous deux supports : Cd mais aussi Dvd.

Fin 2001, Prince l’appelle une nouvelle fois et la fait venir à Paisley Park pour enregistrer en compagnie de John Blackwell, Rhonda Smith et Vanessa Mae (la violoncelliste) ce qui deviendra l’album " Xpectation "(feu Xenophobia, offert par Prince à ses abonnés, en téléchargement le 01/01/2003 à 0H00, pour leur souhaiter une bonne année…).

L’image et la popularité de Candy n’ont cessé de progresser mais c’est une forme de consécration qu’elle connaît avec son intégration aux tournées Européennes et Japonaises du One Night Alone Live Tour (lire l'article >>>) auxquelles Prince la convit fin 2002. Encore une belle preuve de la dimension qu’a su prendre Candy au fil des années car elle y partage l’affiche d’une section de cuivres bétonnée : pas moins que Maceo Parker, Greg Boyer (lire l'interview >>>) et Eric Leeds… 3 pointures auxquelles elle a su parfaitement donner le change par sa présence racée et féminine, un « phrasé » énergique et juste et un charisme hors norme… Tout le monde est tombé en admiration devant Candy.
Et encore, je ne rentre pas dans les détails des aftershows d’anthologie où elle a partagé l’affiche et côtoyé sur scène (notamment le 10 Avril 2002 à New York) Prince, Larry Graham, Musiq, George Clinton, Alicia Keys, Sheila E…

Alors forcément son sixième album solo « Right in my Soul » sorti en ce début d’année 2003 était très attendu… On espérait du très grand niveau et on doit malheureusement se contenter d’un album déséquilibré ou le meilleur tutoie le très moyen… L’ensemble est sympa mais se devait d’être plus inspiré compte tenu de tout ce qu’elle a vécu ces dernières mois, son talent et ceux des personnes qui l’ont entouré.

Allez je n’irais pas par 4 chemins, je vais donner « en vrac » mes impressions…

My Love : Batterie récurrente et sax velouté sont les ingrédients de ce titre mi-Soul/mi-R'n'B soft. La voix de Candy se marie bien avec tout çà : bon titre...

Let me Show you : Dans le même style mais moins mélodieux, moins voluptueux et moins envoûtant donc un ton en dessous... Le refrain est même un peu saoulant...

Right in my Soul : Tirade du sax en intro sur un beat plus électronique... Les voix sont constituées de parties classiques où Candy chante et de moments où elle parle à la façon d’un "opérateur téléphonique", ce qui donne une atmosphère assez robotisée à l'ensemble... Un titre original donc et différent mais pas parmi les meilleures ici.

Power of the People : Titre plus rythmé, plus R'n'B avec pas mal de percussion, maracas et tout et tout... Sympa !!

It's my Life : Mellow mellow, sax et voix langoureuses pour ce slow... Très bien...

Everyday People : Subtilité absolue pour ce titre profond et enjôleur à souhait. Sublime !!! Tout l'émotion qu'est capable de faire passer Candy s'y trouve...

Play a Little Game : Porté par des rythmes plus "tribal" (percu et batterie électronique) voici un exercice de style assez réussi...

Finsbury Park Cafe 67 : Inspiration latino pour cet instrumental très plaisant (à tel point qu’il a été retenu pour la sélection radio…). Bon moyen de passer en revue ce qui fait le charme de Candy... Son touché de sax, sa capacité à s'essayer dans des styles différents en privilégiant la mélodie, la simplicité plutôt que les effets musicaux... Un plaisir !!!

Freak Out : Encore une incursion dans les rythmes chauds venus d'Amérique du Sud avec l’adjonction de scratchs cette fois et la présence vocale de la Miss... Le tout est mélangé à des petits sons électroniques... Pourquoi pas, c'est pas mal mais sans plus...

December : Base électronique et voix proches de l’effet vocoder pour ce down tempo où le sax joue de nouveau sur le registre intimiste et enjôleur. J'aime beaucoup...

Valdez in the Country : Ce titre est très marqué par l'influence de ces aînés... On y retrouve pas mal de phrasé typique du jeu de Maceo.

What's in your Head : Un petit peu House sur les bords... Elle devrait pas trop s'aventurer dans ce genre de titre à la J-Lo... Elle vaut bien mieux que çà la belle Candy. Un peu trop commercial à mon goût...

Let me show You (Jhq Drums) : Genre de Drum and Bass latino electro très speedé... J'aime pas du tout ce remix (et encore 1 raté ou sans intérêt, 1 !!!) Crispant...

Lost and Gone : on fini en douceur sur une note de charme... Sax et effet reverb pour le clavier... du Candy plus classique et franchement je préfère...

Bilan des courses, j’écoute l’album avec plaisir mais je m’attendais à mieux… Faut dire, j’ai une très haute estime de la miss… C’est peut-être çà le problème ??? ;o)

Funkygirl Octobre 2003


En complément, un petit avis sur les autres disques de Candy que je possède :

Sax a Gogo 1993 *****
For the Love of You 1997 ****
Girls Night Out 1999 ****


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