| On a beau passer des heures
sur la Toile, on est loin d’avoir encore fait le tour des
groupes qui constituent notre scène Funk nationale ! Et dans
la famille « on en découvre tous les jours »
et « on est mieux informé au sein d’une communauté
»… De nouvelles preuves viennent d’être
apportées au dossier ! Car si vous avez le droit à
cette chronique c’est grâce à un funkateer averti
de notre forum qui eu l’heureuse idée de poster la
date du concert gratuit donné par CAPTAIN MERCIER
dans le cadre du Festival de Jazz du parc de la Villette, début
Septembre.
Ni une ni deux, j’y vais pour m’informer et je tombe
sous le charme de cette formation qui aime appeler sa musique Rhythm’n’Funk…
Un mélange de Soul, de Funk et de R’n’B à
l’ancienne donc, avec des textes en français, emprunt
d’un humour et d’une dérision assez proche de
l’esprit comique-troupier/café-théâtre…
Voilà pour un rapide portrait des grandes lignes musicales
mais penchons nous plus avant sur le cursus de ses membres.
A commencer par Jacques MERCIER (le Captain’),
leader naturel et charismatique du groupe, ne serait-ce que par
ses 40 ans de carrière dans le « milieu » et
la liste très fournie de ses collaborations avec les vedettes
incontournables de notre variété française
(Johnny Hallyday, Véronique Sanson, Patricia Kaas, Alain
Souchon ou Henri Salvador, pour ne citer que les plus notables…).
Mais il n’est pas tout seul : Benoît SOURISSE
(claviers) est réputé lui pour ses talents de soliste
et d’improvisateur et travaille régulièrement
depuis 10 ans avec Didier Lockwood… Insatiable
(il multiplie les collaborations, en plus d’être l’un
des fondateurs du groupe qui nous occupe), il a sorti en duo avec
son complice André CHARLIER (le batteur
de Captain’ Mercier aussi) un album « solo »…
Tous 2 jouent également dans différentes formation
du duo au septet…
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J’abrège car il y aurait tellement à dire mais
retenez que l’ensemble de ces musiciens ont des références
qui feraient pâlir nombre des pseudo artistes actuels…
Un autre exemple, une partie de la section de cuivres a joué
avec Quincy Jones quand même… Pour
avoir tous les détails, rendez-vous sur leur site : www.captainmercier.com
Voilà ! Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Captain’
Mercier (né en 1989) avait déjà commis 2 albums
: « Rhythm‘n’Blues » (1994) et «
Rien ne sert de souffrir » (1998).
« La Vie en Funk » est sorti l’année
dernière et fait office de « début de consécration
» puisqu’ils ont remporté une Victoire de la
Musique (dans la catégorie « Jazz ») pour cette
réalisation, début 2003 et fut retenu par une grande
chaîne de distribution spécialisée nationale
dans le cadre de sa sélection « Parcours Nouvelle Scène
Française ».
Dès les premières mesures du titre éponyme
« La Vie en Funk », on est obligé de
penser et de faire référence à Tower
of Power. C’est un fait incontournable qui ne sera
jamais mis à mal : ce sont les TOP français !!! «
We want to Funk You » revient comme un leitmotiv et force
est de reconnaître que çà marche… Surtout
quand j’aurais précisé qu’ils chantent
en Français et qu’avec l’aide de la section de
cuivres et du clavier, les mots swinguent plus que bien.
« Elle bouge » est plus teinté R’n’B
traditionnel , plus mid-tempo : le trio Batterie, Clavier, Sax y
brille particulièrement.
Y’a un petit quelque chose de Sinclair dans la voix du chanteur
pour « Sauve qui peut ». Ce très bon
titre, particulièrement d’actualité, est assez
sarcastique puisqu’il évoque la condition des «
intermiteux » (je cite ;o).
« Sacré Benoît » est un hommage
au Monsieur dont j’ai évoqué la carrière
plus haut, le clavier virtuose du groupe qui s’en donne à
cœur joie ici en speedant sur son orgue Hammond tel un James
Taylor au mieux de sa forme… Tout le groupe se met à
l’unisson : sax et batterie enchaînent des solos d’une
grande maîtrise.
Retour au « tout cuivre » avec « Les Moments
Perdus ». Impossible de résister à ce titre
qui groove à mort : l’un des tout meilleur de l’album
pour moi.
Ambiance plus cool et mid-tempo pour « Le Téléphone
», écrit et chanté par le fiston Charly
MERCIER. On est plus dans une veine Jazz et leur maîtrise
est une fois de plus éclatante.
Richard ARAME (l’antillais du groupe qui
sait très bien jouer de sa nonchalance ;o) est pour moi la
vedette sur « Le Coup du Sort », titre qui
décrit l’obsession du musicien. En plus de ces petits
riffs de guitare, il nous livre ici son rap si particulier …
C’est assez comique car déclamé sur un ton sarcastique
et décalé ;o) A noter toutefois que cette partie prend
toute sa dimension sur scène car on a le droit à des
tirades sur Nicolas SARKOZY et on ne peux que s’esclaffer
de rire tant la dérision et l’humour sont présents.
Les cuivres et la batterie sont flamboyants et le rythme redevient
très soutenu pour « Cruel Dilemme ».
Les refrains plus lents sont l’occasion d’une rupture
d’ambiance ce qui donne encore plus de force à l’ensemble.
Très efficacement construit autour d’une ligne rythmique
composée de scratchs, batterie et cuivres, « Fait
le phoque » est un excellent instrumental : Sur scène
ce titre nous vaut une chorégraphie de l’ensemble du
groupe des plus hilarante. Un de leur temps fort !!! J’adore.
Une fois n’est pas coutume (sans minimiser l’impact
de la musique), c’est le texte faussement simpliste de «
C’qu’on Ecoute » qui donne le piment
de ce titre caustique qui égratigne l’industrie musicale
(« la soupe au potiron… pas bon »). Un
sujet et une analyse qui fait forcément l’unanimité
chez les mélomanes.
Et on termine sur le même ton avec « Je travaille
à la Caisse », une reprise parodique (et donc
décalée même si la musique est fidèle
à l’original) de « Try a little Tenderness
» d’Otis Redding. C’est
drôle, très drôle… ;o))
En bref, rien à jeter… Chaque titre a son identité
(pas de redondance) mais l’ensemble forme un album (réalisé
sous la houlette de Dominique Blanc-Francard, un
nom bien connu par chez nous) d’une grande cohésion
(maîtrise et musicalité à tous les niveaux).
Normal me direz-vous, on voit à leur « machine bien
huilée » qu’ils ont plus de 900 concerts à
leur actif…. Du travail bien fait et efficace… Une formation
carrée qui tourne à plein régime qui a su se
rendre populaire sans dénaturer ses influences !!!
Car comme je vous l’ai dit plus haut, ce cd a été
récompensé récemment mais c’est un prix
du public dont il s’agit… Il reste donc en France des
afficionados de musique (avec des oreilles ;o) qui savent plébisciter
le vrai talent. Pour une fois que l’industrie musicale se
voit contrainte de sortir des indéboulonnables artistes variet…
Je veux y voir une lueur d’espoir…
Funkygirl
décembre 2003
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