Une vidéo (pour ceux qui ont
l'adsl ou le cable car 7 Mb quand même...) si
vous voulez le voir à l'oeuvre ;o) (jetez également,
tant que vous y êtes, un petit coup d'oeil à John Blackwell
le batteur actuel de Prince, ou encoreClyde Stubblefield - Jabo
Starks batteurs pour James brown à la grande époque)
sur : www.drummerworld.com
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Dans
la famille surdoué, je demande Dennis Chambers !
Comment pourrais-je qualifier autrement ce batteur autodidacte qui
commença à manier les baguettes à 4 ans et
jouait dans les boîtes de nuit à 6 ?
Son talent et ses différentes contributions musicales sont
méconnues et pourtant…Il a rejoint Parliament et Funkadelic
à sa majorité en 78 (à l’instar de Greg
Boyer, George C. ayant toujours été
un visionnaire pour reconnaître le talent même précoce…).
Il restera avec eux jusqu’en 85 et a donc vécu une
période de référence de la P-Mob ! Ce qui ne
l’a pourtant pas empêcher de participer au mythique
album de Bernard Wright « Nard »…
Ou de multiplier les participations vinylique ou scénique
avec David Sanborn, Bernie Worrell,
Eric Leeds, Gary Bartz, ou encore
Victor Bailey… (pour plus d’informations
voir la liste des albums auxquels il a contribué, à
la fin de cette chronique).
Enfin voilà, Dennis est l’un des batteurs les plus
doués de sa génération (mais avais-je besoin
de le préciser avec de tels collaborations ?) grâce
à un jeu à la fois fluide, efficace, lourd, souple
et précis et, forcément, il est devenu l’un
des musiciens les plus sollicités de la planète.
Au cours des années 90, son horizon musical continue à
s’élargir puisqu’il travaille avec Bill
Evans (le saxophoniste de Jazz), George Duke
et Stanley Clarke.
Son premier album « solo » sort en 1991 et s’appelle
« Getting Even » : il s’agit d’un
disque qualifié de Fusion auquel ont participé Mike
Stern (guitariste) et Bob Berg (saxophoniste), dont il a rejoint
le Band (plutôt Rock) entre temps.
« Outbreak » qui vient
de sortir est donc le second projet personnel de Dennis en tant
que « Leader » de groupe : il a fait le choix cette
fois de mettre en pratique sa vision et son savoir faire en matière
de Jazz-Rock au moyen de 9 instrumentaux (plutôt long : çà
va de 4’29 à 10’57) emprunts de groove et de
beaucoup de virtuosité musicale.
Et c’est bien là l’un des intérêts
premiers de ce disque !!! La maîtrise et l’aisance dont
font preuve l’équipe de musiciens talentueux réunis
pour l’occasion : John Scofield, Jon
Herington, Nick Moroch ou Dean
Brown à la guitare, Will Lee et
Gary Willis à la basse, l’illustre
Jim Beard aux claviers mais encore une section
de cuivres à se pâmer (tout droit sortie de ses années
P en majeur partie) Rodney Curtis, Randy
& Michael Brecker ou Bobby Malach.
Les
cuivres ont d’ailleurs la part très belle sur «
Roll Call » qui débute cet album : Pas moins
de 4 saxes, 2 trompettes et un trombone pour assurer la rythmique
(avec les kicks de Dennis bien sur) sur ce titre très enlevé
et groovy qui se révèle être parmi mes préférés…
« Otay » démarre sur un son lourd de
basse (Gary Willis) et est l’occasion d’un long jam
de 7’ ou le « quartet » ici présent (batterie,
guitare, clavier et basse) peut faire parler sa technique.
« Groovus Interruptus » est de mon point de
vue plus réussi, plus concis et efficace… Faut dire
il renoue avec les excellents musiciens et ingrédients du
1er titre : des cuivres pléthoriques, une batterie qui pulse
etc…
« Paris on Mine » est pour moi LE titre de
cet album car il ose et est carrément différent de
la couleur, l’unité induite dans cet album. Il s’agit
d’un titre jazz rock difficile à décrire, assez
hybride qui oscille entre plusieurs rythmes avec un superbe jeu
de sax (Bobby Malach) qui n’est pas sans me rappeler celui
de Candy Dulfer (on a les références qu’on connaît
;o).
On enchaîne avec « In Time » une cover
de Sylvester Stewart alias Sly Stone… Sa
particularité est d’incorporer des Congas et un orgue
Hammond, ce qui lui donne un son un peu différent des autres
titres.
« Plan B » est hanté par la présence
de Dean Brown qui jouent ici à la fois de la basse et de
la guitare. Un synthé, une trompette, notre Dennis et le
tour est joué. Un bon titre, pas des plus innovants mais
agréable à écouter, aucun doute là dessus.
« Outbreak » s’impose par l’opposition
affichée de la batterie et du sax qui se renvoient inlassablement
la balle durant plus de 10 minutes. Ce titre est assez fusion jazz
et comme son nom l’indique s’octroie un break assez
étonnant (on a l’impression que c’est la fin
du titre… ne pas toucher à votre lecteur, la musique
revient ;o)
« Baltimore DC » est une des réussites
du lot : Pas de révolution non plus ici mais le titre est
bien construit et efficace. Chambers, Scofield, Beard et Willis
se posent comme un quatuor gagnant cette fois…
On fini avec « Talkin’ Loud and Sayin’ Nothing
» le titre archi connu du prêcheur James ;o) Cà
fait bizarre d’entendre une version exclusivement instrumentale
de ce titre tant l’original est dans tous nos esprits mais
la réussite vient aussi aux audacieux… Je ne dis pas
qu’il ne faut pas un moment d’adaptation, mais après
plusieurs écoutes, l’intérêt devient plus
évident et la patience récompensée.
En résumé, un album de musiciens supra-efficace et
doués que j’ai écouté pour vous avec
plaisir.
Alors bien sur rien de très original (il m’a fait un
peu pensé au sentiment que j’avais eu à l’écoute
du dernier Live de Pee Wee Ellis) mais à
choisir entre original et repoussant ou moins original et agréable,
mon choix est vite fait ;o)
Je le conseille toutefois aux afficionados ou habitués des
courants musicaux Jazz-Funk et Jazz-Rock, les autres pourraient
trouver çà ennuyeux à la longue… et pourtant,
en y prêtant attention et en laissant la chance à ce
disque d’imprégner vos oreilles, vous pourriez avoir
de bonnes surprises… en tout cas moi le jeu de Dennis m’a
conquis !
funkygirl
(26/01/03)
Live
: A noter que Dennis Chambers va régulièrement
visiter la France cette année puisqu’il accompagnera
tout d’abord Santana au cours de sa tournée mondiale
cette année (date à Paris le 21 Mai 2003 puis
le 12 Septembre 2003) mais sera également avec Mike
Stern (rock) + Bob Franceschini et Lincoln Goines au New Morning
à Paris le 11 Avril et au Cedac à Nice le 12 Avril
2003.
Pour en savoir plus, voici l’adresse de son site : www.dennischambers.com
Principales collaborations de Dennis Chambers dans le domaine qui
nous intéresse :
Bernard Wright Nard (1981)
Bernie Worrell Funk of Ages (1994)
Eric Leeds Things Left Unsaid (1993)
Funkadelic Uncle Jam Wants You (1979)
Funkadelic Complete Recordings 1976-81 (2000)
Gary Bartz Blues Chronicles : Tales of Life (1996)
George Clinton Some of My Best Jokes Are Friends (1985)
George Clinton "P" Is the Funk: George Clinton's... (1993)
George Clinton P-Funk All Stars (1993)
George Duke Snapshot (1992)
George Duke Best of George Duke [Epic] (1996)
George Duke Greatest Hits (1996)
George Duke Is Love Enough? (1997)
P-Funk All Stars Live at the Beverly Theatre in Hollywood (1983)
Parliament Gloryhallastoopid (1979)
Parliament Greatest Hits 1972-1993 (1994) Percussion & Drums
Parliament Best of Parliament: Give Up the... (1995) Drums &
Executive
Producer
Parliament 20th Century Masters - The... (2000) Percussion &
Drums (Snare)
Parliament Funked Up: The Very Best of... (2002) Percussion &
Drums
Stanley Clarke w/ George Duke 3 (1989) Cymbals, Drums, Hi Hat
Stanley Clarke East River Drive (1993)
Stanley Clarke Bass-Ic Collection (1997)
Victor Bailey Bottom's Up (1989)
Victor Bailey, Dennis Chambers, Mitch Forman, Chuck Loeb, Bill Evans:
Petite Blonde - Live Recording (1992)
Victor Bailey Low Blow (1999)
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