Dennis CHAMBERS
Outbreak
Cream/Sony 2002
par funkygirl

Une vidéo (pour ceux qui ont l'adsl ou le cable car 7 Mb quand même...) si
vous voulez le voir à l'oeuvre ;o) (jetez également, tant que vous y êtes, un petit coup d'oeil à John Blackwell le batteur actuel de Prince, ou encoreClyde Stubblefield - Jabo Starks batteurs pour James brown à la grande époque) sur : www.drummerworld.com

Dans la famille surdoué, je demande Dennis Chambers !
Comment pourrais-je qualifier autrement ce batteur autodidacte qui commença à manier les baguettes à 4 ans et jouait dans les boîtes de nuit à 6 ?
Son talent et ses différentes contributions musicales sont méconnues et pourtant…Il a rejoint Parliament et Funkadelic à sa majorité en 78 (à l’instar de Greg Boyer, George C. ayant toujours été un visionnaire pour reconnaître le talent même précoce…).
Il restera avec eux jusqu’en 85 et a donc vécu une période de référence de la P-Mob ! Ce qui ne l’a pourtant pas empêcher de participer au mythique album de Bernard Wright « Nard »… Ou de multiplier les participations vinylique ou scénique avec David Sanborn, Bernie Worrell, Eric Leeds, Gary Bartz, ou encore Victor Bailey… (pour plus d’informations voir la liste des albums auxquels il a contribué, à la fin de cette chronique).
Enfin voilà, Dennis est l’un des batteurs les plus doués de sa génération (mais avais-je besoin de le préciser avec de tels collaborations ?) grâce à un jeu à la fois fluide, efficace, lourd, souple et précis et, forcément, il est devenu l’un des musiciens les plus sollicités de la planète.
Au cours des années 90, son horizon musical continue à s’élargir puisqu’il travaille avec Bill Evans (le saxophoniste de Jazz), George Duke et Stanley Clarke.
Son premier album « solo » sort en 1991 et s’appelle « Getting Even » : il s’agit d’un disque qualifié de Fusion auquel ont participé Mike Stern (guitariste) et Bob Berg (saxophoniste), dont il a rejoint le Band (plutôt Rock) entre temps.

« Outbreak » qui vient de sortir est donc le second projet personnel de Dennis en tant que « Leader » de groupe : il a fait le choix cette fois de mettre en pratique sa vision et son savoir faire en matière de Jazz-Rock au moyen de 9 instrumentaux (plutôt long : çà va de 4’29 à 10’57) emprunts de groove et de beaucoup de virtuosité musicale.
Et c’est bien là l’un des intérêts premiers de ce disque !!! La maîtrise et l’aisance dont font preuve l’équipe de musiciens talentueux réunis pour l’occasion : John Scofield, Jon Herington, Nick Moroch ou Dean Brown à la guitare, Will Lee et Gary Willis à la basse, l’illustre Jim Beard aux claviers mais encore une section de cuivres à se pâmer (tout droit sortie de ses années P en majeur partie) Rodney Curtis, Randy & Michael Brecker ou Bobby Malach.

Les cuivres ont d’ailleurs la part très belle sur « Roll Call » qui débute cet album : Pas moins de 4 saxes, 2 trompettes et un trombone pour assurer la rythmique (avec les kicks de Dennis bien sur) sur ce titre très enlevé et groovy qui se révèle être parmi mes préférés…
« Otay » démarre sur un son lourd de basse (Gary Willis) et est l’occasion d’un long jam de 7’ ou le « quartet » ici présent (batterie, guitare, clavier et basse) peut faire parler sa technique.
« Groovus Interruptus » est de mon point de vue plus réussi, plus concis et efficace… Faut dire il renoue avec les excellents musiciens et ingrédients du 1er titre : des cuivres pléthoriques, une batterie qui pulse etc…
« Paris on Mine » est pour moi LE titre de cet album car il ose et est carrément différent de la couleur, l’unité induite dans cet album. Il s’agit d’un titre jazz rock difficile à décrire, assez hybride qui oscille entre plusieurs rythmes avec un superbe jeu de sax (Bobby Malach) qui n’est pas sans me rappeler celui de Candy Dulfer (on a les références qu’on connaît ;o).
On enchaîne avec « In Time » une cover de Sylvester Stewart alias Sly Stone… Sa particularité est d’incorporer des Congas et un orgue Hammond, ce qui lui donne un son un peu différent des autres titres.
« Plan B » est hanté par la présence de Dean Brown qui jouent ici à la fois de la basse et de la guitare. Un synthé, une trompette, notre Dennis et le tour est joué. Un bon titre, pas des plus innovants mais agréable à écouter, aucun doute là dessus.
« Outbreak » s’impose par l’opposition affichée de la batterie et du sax qui se renvoient inlassablement la balle durant plus de 10 minutes. Ce titre est assez fusion jazz et comme son nom l’indique s’octroie un break assez étonnant (on a l’impression que c’est la fin du titre… ne pas toucher à votre lecteur, la musique revient ;o)
« Baltimore DC » est une des réussites du lot : Pas de révolution non plus ici mais le titre est bien construit et efficace. Chambers, Scofield, Beard et Willis se posent comme un quatuor gagnant cette fois…
On fini avec « Talkin’ Loud and Sayin’ Nothing » le titre archi connu du prêcheur James ;o) Cà fait bizarre d’entendre une version exclusivement instrumentale de ce titre tant l’original est dans tous nos esprits mais la réussite vient aussi aux audacieux… Je ne dis pas qu’il ne faut pas un moment d’adaptation, mais après plusieurs écoutes, l’intérêt devient plus évident et la patience récompensée.

En résumé, un album de musiciens supra-efficace et doués que j’ai écouté pour vous avec plaisir.
Alors bien sur rien de très original (il m’a fait un peu pensé au sentiment que j’avais eu à l’écoute du dernier Live de Pee Wee Ellis) mais à choisir entre original et repoussant ou moins original et agréable, mon choix est vite fait ;o)
Je le conseille toutefois aux afficionados ou habitués des courants musicaux Jazz-Funk et Jazz-Rock, les autres pourraient trouver çà ennuyeux à la longue… et pourtant, en y prêtant attention et en laissant la chance à ce disque d’imprégner vos oreilles, vous pourriez avoir de bonnes surprises… en tout cas moi le jeu de Dennis m’a conquis !

funkygirl (26/01/03)

Live : A noter que Dennis Chambers va régulièrement visiter la France cette année puisqu’il accompagnera tout d’abord Santana au cours de sa tournée mondiale cette année (date à Paris le 21 Mai 2003 puis le 12 Septembre 2003) mais sera également avec Mike Stern (rock) + Bob Franceschini et Lincoln Goines au New Morning à Paris le 11 Avril et au Cedac à Nice le 12 Avril 2003.
Pour en savoir plus, voici l’adresse de son site : www.dennischambers.com

Principales collaborations de Dennis Chambers dans le domaine qui nous intéresse :

Bernard Wright Nard (1981)
Bernie Worrell Funk of Ages (1994)
Eric Leeds Things Left Unsaid (1993)
Funkadelic Uncle Jam Wants You (1979)
Funkadelic Complete Recordings 1976-81 (2000)
Gary Bartz Blues Chronicles : Tales of Life (1996)
George Clinton Some of My Best Jokes Are Friends (1985)
George Clinton "P" Is the Funk: George Clinton's... (1993)
George Clinton P-Funk All Stars (1993)
George Duke Snapshot (1992)
George Duke Best of George Duke [Epic] (1996)
George Duke Greatest Hits (1996)
George Duke Is Love Enough? (1997)
P-Funk All Stars Live at the Beverly Theatre in Hollywood (1983)
Parliament Gloryhallastoopid (1979)
Parliament Greatest Hits 1972-1993 (1994) Percussion & Drums
Parliament Best of Parliament: Give Up the... (1995) Drums & Executive
Producer
Parliament 20th Century Masters - The... (2000) Percussion & Drums (Snare)
Parliament Funked Up: The Very Best of... (2002) Percussion & Drums
Stanley Clarke w/ George Duke 3 (1989) Cymbals, Drums, Hi Hat
Stanley Clarke East River Drive (1993)
Stanley Clarke Bass-Ic Collection (1997)
Victor Bailey Bottom's Up (1989)
Victor Bailey, Dennis Chambers, Mitch Forman, Chuck Loeb, Bill Evans: Petite Blonde - Live Recording (1992)
Victor Bailey Low Blow (1999)

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