|
Pour ceux qui ne connaissent pas ce groupe New
Yorkais, une petite présentation s’impose !
Réputé pour leurs multiples influences et leur
capacité à jammer, ce groupe est inclassable ;o) Présents dans leur
répertoire : Funk, Acid-Jazz, Hip Hop, Jazz, Rythmes Afro-cubains et
Latins… En bref, çà Groove souvent d’où l’appellation qu’ils ont
choisi ;o)
Ils repoussent les limites des expérimentations
sonores en tout genre ce qui les place en tête des formations
modernes les plus innovantes.
Comme l’explique Genji Siraisi (leur
batteur et producteur) « Nous sommes d’origines diverses, avec des
cultures spécifiques mais quand on se retrouve ensemble, tout
devient simple et limpide : nous voulons notre musique riche et
consistante, mélodieuse et naturellement dansante ».
Fort de ce leitmotiv, c’est en 1993 que le
groupe (qui fête donc sa décennie ) sort son premier album “Groove
Collective”, produit par Gary Katz : une bonne
introduction à leur univers particulier et cosmopolite. Je
retiendrai surtout le très efficace « Whatchugot » qui sort
du lot car il groove assez sublimement (à la Brand New Heavies
pour situer) et bénéficie de l’interprétation de Toi Marcel
(une chanteuse comme je les aime…).
Suit en 1996, « We the People » qu’ils
auto-produisent : l’album est très apprécié et quand on écoute les
quelques extraits présents ici http://www.vervemusicgroup.com/product.aspx?pid=9119
on comprend facilement pourquoi ;o))
Je ne le connais pas dans son intégralité mais
là, rien qu’à l’écoute, je décerne une « Mention spéciale » au très
Roy Ayers-ien « Lif Off », le Groovy « Everybody (We the
People) », le bien-nommé « Fly »…
Puis c’est le début d’une trilogie sortie chez
Shanachie :
- « Dance of the Drunken Master » en
1998, décrit comme un album dont le son oscille entre les formations
de cuivres à la Earth Wind & Fire, le Jazz et le Hip Hop… Un
savant mélange encore salué par les critiques.
- « Declassified » l’année suivante qui
ajouterai (dixit All Music…) d’autres cordes à leur arc avec des
influences Drum’n’bass, Salsa et tutoierait même le P-Funk…
- « It’s all in your Mind » enfin, en
2001, entre Acid-jazz et afro-beat (un titre est même enregistré en
“ hommage” à Fela : il s’agit de « Ransome »).
Fort de ces 5 albums, Groove Collective
a enchaîné les tournées mondiales et s’est vu offrir de partager
l’affiche avec d’énormes stars comme James Brown, Erykah
Badu, Isaac Hayes, the Roots, Guru ou
encore Tito Puente.
Ils ont aussi multiplié les participations dans
les plus réputés et fameux Jazz festivals : Montreux, NorthSea,
Newport et le Tokyo’s Blue Note… ou les guests de référence : le
dernier en date étant Bernie Worrell lors d’un voyage à
Moscou en 2002…
Car voilà bien leur principale force : sur
disque c’est bien mais en concert ce sont des tueurs !!! ;o)
Groove Collective c’est pour moi, d’abord, un TRES GRAND
souvenir de Live (avec en invité de marque Monsieur Fred WESLEY)
mi-Octobre 2001 au New Morning ;o) Un concert où je les découvrais
(après en avoir entendu que du bien) et qui m’a donné le virus ;o)
Un concert où j’ai pris tellement de plaisir
(notamment grâce à Jonathan Marron leur fabuleux bassiste) et
étais tellement sur mon nuage que j’ai osé y aborder notre FunkTsar
number 1 (venu en spectateur et qui a fini sur la scène pour jammer)
: on connaît la suite ;o) Mais bon là je m’égare…
Enfin pas tant que çà quand même parce
que Groove Collective a fait son retour dans l’actualité
internationale en ce début d’année 2003 avec un nouvel opus
et justement c’est un Live « Brooklyn, NY 04.20.02 »
édité par Kafala records (il n’en sont d’ailleurs pas
à leur coup d’essai dans le genre puisque « Live and Hard
to Find » était disponible il y a quelque temps via leur
site… Epuisé depuis, on espère un nouveau pressage ;o))
.
On a à faire ici à un double Cd Live (pour un
total de 77 mns de concert) : Aussi est-on en droit de se demander
pourquoi 2 disques (surtout que couper un Live, c’est pas le top) ?
A part pour des raisons de pur Marketing (2 cds justifiant sûrement
plus son prix-20$-qu’un seul…).
La part belle y est donnée aux libres
improvisations assez Jazz (oserais-je dire un peu
déconcertante ? ;o)… C’est pas toujours très digeste mais il faut y
aller sans a priori…
Disc 1 (40’11) :
En fait les 4 premiers morceaux forment une
sorte de jam introductif où tour à tour, les instruments sont passés
en revus et nous distillent de long solos.
Alors rapidement (car rentrer dans
le détail des titres serait trop rébarbatif pour tout le monde) je
vous livre quelques informations et sentiments :
-
Astral Rain (3’58) :
jam improvisé très free qui permet d’introduire le concert…
-
Sylver Hub (2’44):
ce titre enchaîne avec le premier sans qu’on s’en aperçoive.
Grosse présence de la trompette… puis du soubassophone…
-
Universe in a Nutshell
(Suite A-D) (3’15) : idem que les précédents, çà
s’enchaîne et cette fois, c’est le clavier, un son très électro et
les percus qui sont les vedettes.
-
Fragile Planet
(2’55) : la fin de ce titre est vraiment très « Space » et
bizarre.
-
Time Walker (2’56) :
Percu et Sax sont particulièrement mis en avant ici.
-
Black Hole (2’32) :
marqué par le solo de claviers.
-
Stargazer (12’52) :
influences latines pour ce morceau… Encore une fois esprit ouvert
de rigueur. Les interventions et ambiances se succèdent, la flûte
est la reine de la fête… Ca dure plus de 12mns comme çà….
-
Finding
Lost Time (8’59) : inspiration
orientale. C’est bien barré à souhait et « strange » pour
nos oreilles de funkateers…
Disc 2 (36’28) :
On passe au disque 2 en se demandant (quand
même) quand cette formation va se décider à faire vraiment swinguer
tout çà… Car elle se trouve là la magie de ce groupe : une vraie
virtuosité dans le mélange des styles, une maestria pour faire
groover l’ensemble... Et çà explique sans doute qu’ils soient si
appréciés de notre communauté… Mais le fait est qu’on ne s’y
retrouve pas vraiment pour le moment et ce n’est pas le début du
second Cd qui va inverser la tendance puisque çà débute dans la même
vibe :
-
Distinct Vybe
(1’29): on est toujours dans l’exotisme extrême, c’est aérien et
assez extravagant… Toujours ces longs jams sans réelle ossature
qui semblent totalement improvisés…
-
Ransom (7’47) : le
fameux titre inspiré par Fela, çà se suffit à lui même pour la
description…
-
Black is the Color of my
Coffee (11’05) : A partir de ce titre, çà devient vraiment
Funk et très bon… le sax y fait merveille et la basse ronronne à
souhait, entre autres… ;o)
-
42nd Street Theme
– Tender Steppin’ (7’32) : Encore une fois, impossible,
sans scruter les numéros de pistes, de dissocier ce titre du
précédent. En fait ces 2 titres n’en font qu’un pour moi : un long
jam groovy et cuivré d’une durée de 18’37 (vous avez vu comme je
sais bien compter…).
-
2K3 Suite (0’56) :
comme sa durée l’indique, il ne s’agit là que d’une transition
menée par le duo basse-clavier.
-
Village Shout (1’31)
: La guitare rythmique et funky se fait plus présente ici avant
d’entamer un…
-
Everyday People
(3’01) : dans une première version housisante (mais dans le bon
sens du terme…)
-
Everyday People Reprise
(3’07) : la seconde version de ce titre étant centrée sur la
flûte. Cà y est ils ont décidé enfin de parler à nos sens et quand
ils jouent comme çà ils sont irrésistibles !!!
Un disque à deux facettes donc… Pas toujours
facile d’accès et “flatteur” pour nos oreilles (je parle des plus
psycho-rigides ;o)) de funkateers mais qui vaut surtout par les 2/3
du second Cd ;o) Groove Collective est un groupe hybride,
plus que jamais, mais n’en reste pas moins majeur… Ce soir là ils
n’étaient pas dans une verve particulièrement Funk… Mais attention
les fans du groupe s’y retrouveront et à l’heure du formatage de la
musique, sortir un Live pareil c’est s’affranchir du conventionnel :
et çà, çà ne peux que me réjouir…
Funkygirl
Novembre 2003
haut |