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« Pas mal d’artistes assurent détenir le
providentiel « Funk » mais peu en possèdent
l’essence, l’expérience et l’esprit pour
planter, dans leurs cœur et âme, la vrai tristesse
de la Funk Music. Jay-Double-You! est l’une de ces personnes
» – Flagpole Magazine, September 8, 1999, Athens,
GA.
Je ne pouvais trouver meilleure introduction pour vous parler
de ce personnage atypique dans le monde du Funk !
Jay-Double-You!, a.k.a., James WRIGHT, est né
et a grandi à Detroit, Michigan. Il a débuté
sa carrière dans l’industrie musicale en suivant
sa soeur aînée, Debbie alors qu’elle
se produisait comme chanteuse dans des shows régionaux.
Debbie rencontra ainsi George CLINTON et on lui
demanda de rejoindre Parliament-Funkadelic. C’est
grâce à cette association que Jay-Double-You! fut
en mesure de regarder, écouter et apprendre des membres
de ces 2 illustres groupes. En parallèle, Jay-Double-You!
eut le privilège d’assister à quelques séances
d’enregistrement studio. Entouré de l’agitation
et fort de premières leçons de batterie dispensées
par Tiki – le batteur de Parliament-Funkadelic,
Jay-Double-You! apprit comment jouer de la batterie. Adolescent,
il fit ses débuts professionnels en tant que batteur de
session au United Sound Systems. Il travailla plusieurs années
dans des studios d’enregistrement avec le producteur Don
DAVIS et des artistes comme Bernie WORRELL, Johnnie
TAYLOR, George CLINTON et ses formations
favorites : Parliament-Funkadelic, Parlet et Brides of Funkenstein.
Mais ce qui est le plus mémorable, c’est que Jay-Double-You!
fut le leader originel et le batteur de Parlet,
et qu’en fait il fut responsable de recruter les musiciens
pour former le groupe.
Après son expérience avec Parlet, Jay-Double-You!
décida de poursuivre une carrière solo, en se concentrant
sur l’écriture et le jeu. Il fonda son propre label/maison
d’édition, “Talking Music” (BMI) –
qui produira, sortira, éditera et distribuera tous ses
enregistrements en date. C’est ainsi qu’il enregistre
et sortira 2 singles "Talking to Myself" et
"You Know What She Said”, de son EP "Funk
for the New Millennium (If You Don't Believe Who Will?)”,
et son 1er CD complet “I’ll See You Soon”,
qu’il écrivit et produisit entièrement.
Il a et continue à vendre lui-même ces Cds partout
dans le monde par le biais de quelques points de vente indépendants
situés à Amsterdam, Paris, Pittsburgh, Cleveland,
Youngstown, et Washington. En complément, des stations
de radios indépendantes à Bridgeport, CT (The Upper
Room with Joe Kelley ;o), quelques cyber-stations, soutiennent
sa musique.
C’est un remarquable accomplissement au regard du fait qu’il
fonctionne dans une totale indépendance et avec des ressources
très limitées.
Jay-Double-You! est un performeur naturel avec beaucoup d’énergie
et une forte présence sur scène. Sa dernière
apparition en 2002 au Freedom Festival de Sweetwater (TN), fut
si chaude que le groupe qui devait suivre décida de ne
pas jouer (véridique !). Son talent, sa détermination
et travail assidu lui ont assuré une base de fans qui continue
à s’étoffer.
Jay-Double-You! a reçu nombre de critiques positives dans
des colonnes locales et est apparu dans de plus larges publications
incluant (de manière non restrictive) the Urban Network
(Burbank, CA) en 2001 et Funk-U Magazine (Paris,
France) en 2000 et 2002.
Note : En plus des articles et chroniques de Funk-U Magazine,
le nom de Jay-Double-You! apparu sur la couverture du numéro
sorti en 2000 avec ceux de Prince, Sly Stone, Rick James, et Curtis
Mayfield et sa chanson “Handle Your Business” issu
du Cd “I’ll See You Soon” fut retenu pour figurer
sur la compilation offerte dans le numéro de 2002 (je sais
pas pourquoi Wonder B mais j’ai l’impression qu’il
a grandement apprécié Jay ;o)).
Jay-Double-You! continue d’écrire, enregistrer,
produire et à jouer sur scène dans l’indépendance.
Il vient de sortir son dernier album “Love Everyday”.
“Avec une bonne formation, Jay-Double-You! serait un phénomène
dans l’industrie musicale… mais laissons la musique
parler par elle-même” (Traduction très
légèrement commentée par mes soins , de la
bio officielle de Jay-Double-You ! présente sur son site
internet : www.jaydoubleyou.com
).
Alors voilà… A la lecture d’un tel CV, j’ai
contacté Jay pour pouvoir vous parler correctement de sa
carrière solo, de sa musique et de son dernier Cd en date
et voici ce que je peux dire des albums qu’il a eu la gentillesse
de me faire parvenir…
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FUNK FOR THE MILLENIUM “EP”
(1998) : 27’25
Une chose d’abord, la pochette est superbe
!
Entièrement écrit par Jay-Double-You ! (qui y assure
Batterie, Percus, Keyboards, Voix, Piano et Clavinet), cet Ep
est enregistré avec le concours de Melvin Wells
(Bass Guitar, Rhythm Guitar, Background, Organ et signe
tous les arrangements de « cuivres »).
Deux titres sont mis en avant sur ce « mini Cd »
: il s’agit de « Catch me on the Turnaround »
et « Get All the Way Down », présents
en version « short » et « full »…
Ca tombe bien car j’aime moins « If you don’t
Believe who Will », malgré le message induit
dans le titre… Le résultat ne me séduit pas
vraiment tant je trouve ce titre psychédélique (sans
doute trop pour mes petites oreilles), d’une tristesse inhabituelle
pour la musique qui nous intéresse en premier lieu ici…
On touche là, sans doute, le côté le plus
noir et désespéré, inhérent au P…
Dommage çà promettait malgré la Basse !
« Catch me on the Turnaround (short version) »
est un titre clairement influencé P-Funk, assez positif,
donc plus accessible d’emblée, dominé par
le duo batterie/guitare. On y retrouve un son lourd agrémenté
de quelques cuivres (virtuels) plutôt efficaces.
A mi-chemin entre les deux titres déjà décrits,
« Get All the Way Down (short version) »
lorgne à nouveau un peu sur le « côté
noir de la force »… Sauf que la batterie y est très
présente et que çà donne un peu d’air
au résultat d’ensemble.
On peux quand même regretter un manque de moyens évident
pour ce 1er essai : Cà sent la débrouille…
au travers d’un P-Funk, mâtiné à grand
renfort de computer… Il en ressort forcément un album
au son très synthétique, en tout cas beaucoup plus
que celui dont on avait l’habitude…
Nota : Ces 3 premiers titres sont offerts en téléchargement
sur son site.
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I’LL
SEE YOU SOON (2001) : 52’12
Belle pochette également dans un tout autre registre (beaucoup
moins flashy visuellement).
Jay-Double-You ! y parle (dans le texte qu’il a écrit
au recto du Cd) de la « computérisation » du
son et en regrette les conséquences… Un enseignement
de ce qu’il a constaté en prenant du recul sur le
mini Lp précédent ? C’est ce que nous allons
essayer de voir…
On commence avec « I’ll See you Soon »
: C’est toujours P mais l’apport de vrais instruments
et musiciens donne une dimension bien plus vivante aux chansons.
Ainsi, avec une vraie Basse (ronronnante à souhait), une
bonne guitare rythmique, une batterie (non numérisée)
et un sax, vous obtenez ici un titre qui groove plutôt bien.
Une petite parenthèse en passant, on a décrit le
style de musique mais pas encore le timbre de voix, un autre élément
à apprivoiser ;o) En effet, on remarque encore une fois
ici, une manière de chanter plutôt originale, dans
un style ultra P-syché grave et lancinant de Jay-Double-You!
Mais voilà, c’est encore une question de goût
et de nature : on arrive à entrer dans son « monde
» ou pas…
Pour « Ever Wonder Why », Jay se retrouve
à la fois à la batterie, au chant et aux claviers.
C’est pas mal ceci dit çà manque de mélodicité,
de fun…pour moi… Le même titre ayant eu sur
Mys35 et ma sœur un résultat plus concluant, je précise
que ce n’est que mon avis (et que personne n’a le
monopole du goût !).
On passe à un titre revendicatif contre l’industrie
musicale (il faut savoir que Jay semble avoir de grosses difficultés,
comme souvent… à vivre de sa musique…) et moi
j’aime bien quand on parle clairement des choses ;o) Ajoutez
à çà que « Handle your Business
» est un titre où la batterie est très
présente et donne le rythme. Les petits riffs de guitare
rythmique font le reste et nous offrent un titre plus bluesy que
ce dont on avait entendu jusque là. (Mais vous devez savoir
de quoi je parle puisque c’est ce titre qui avait été
retenu pour la compil du dernier numéro de FUNK U…)
« Hurt so Bad (short version) » nous fait
changer d’ambiance en nous proposant un slow. Très
marqué par la basse, ce titre est dans la pure tradition
de ceux des groupes P-Funk, assez proche du style de Bootsy. Je
trouve particulièrement agréables les interventions
du sax, tout du long.
On arrive alors au « corps » du Cd, avec les deux
titres les plus fun (et donc proche du Funk originel) de cet album.
« Oooh-yeah » voit la participation de Steve
Boyd (chanteur pour Parliament, George Clinton, Prince
pour Graffiti Bridge et The Red Hot Chili Pepper).
Mieux encore « My stuff » est carrément
mon titre préféré : çà part
bien groovy avec une basse omniprésente (Torrance
Scott) et Reggie Vickers à la
batterie. Voilà la preuve de ce que je regrettais tout
à l’heure : quand on a plus de moyens et qu’on
peux se permettre de jouer « live », c’est tout
de suite mieux !
On renoue avec un titre très inspiré psychédélique
avec « Getcha, Getcha, Gotcha » : c’est
sympa mais sans plus ! A ma décharge, ce style poussé
à fond ne m’a jamais fait vibrer… Question
de goût encore une fois….
On fini avec « Funk and Roll » (même si une
version full de « Hurt so Bad » lui succède
dans les faits) : ce titre n’a pas besoin de commentaire…
Ah si rajoutez Blues et vous aurez la saveur du cocktail proposé,
avec un bon petit solo psychédélique à la
fin !
Note : 4 de ces titres sont disponibles sur son site pour vous
faire une idée par vous même…
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LOVE EVERYDAY (2003) : 44’45
On en arrive donc à l’actualité du moment
et une fois n’est pas coutume, la pochette n’est pas
très réussie… Bon, çà c’était
pour l’esthétique visuel, concentrons-nous sur les
sensations que ce disque va fournir à nos oreilles plutôt…
On frise le Dub reggae pour « Love Every Day »,
ce qui somme toute est intéressant puisque çà
change du feeling habituel.
Dominé par une basse bien ronde, « Wise Up Rise
Up » contient lui aussi son petit solo de guitare psyché.
On vous y invite à vous lever et à lutter pour faire
changer les choses… Un message louable et universel pour
le coup !
Avec un titre comme « I Feel Fantastic »,
on pouvait s’attendre à un feu d’artifice de
bonne humeur… Hé bien non !!! L’explosion de
joie c’est décidément pas son truc à
Jay ! J’aimerai l’entendre se lâcher (musicalement)
sur ce titre qui parle de ces sentiments après une rencontre
mais je suis restée sur ma faim, même si ce titre
n’est pas à rejeter en bloc mais il ne surprend pas…
André Fox (qui a sorti un album sur P-Vine
au Japon en 1998- « Myllennium » Réf.
P-Vine PCD-5380) est de la partie pour « I don’t
Want this Night to be Over » et voilà un titre
plutôt tranquille qui se révèle bien envoûtant
avec ces petits solos de xylophone parsemés un peu partout.
Surprise encore pour « Who said Life was Fair »
puisque Jay s’aventure dans un titre plus résolument
Soul et çà se traduit même dans sa façon
de le chanter. C’est un titre agréable qui dénonce
encore, entouré de douceur, les travers de la société
moderne. Encore une illustration de la propension de Jay à
dénoncer des choses et en cela je le trouve attachant et
digne d’intérêt !
La première partie de l’album est plutôt convaincante
donc mais l’autre moitié me laisse assez froide tant
je trouve les titres monotones, monocordes, pour ne pas dire ennuyeux.
Je passerais donc rapidement sur « Who are you Under
» (mélange de guitare psyché, de basse
répétitive, avec les percussions mis en avant, ce
qui lui donne un petit côté « tribal »),
« Fun » le mal-nommé tant je trouve
ce son terne et sans volume, « It’s about time
», un slow qui m’a décontenancé
tant les paroles qui décrivent la frénésie
d’une rencontre tranche avec la tristesse de la musique…
On fini avec « A Thang on me » (proposé
en version normal et dans son habillage (Buddy Funky Mix) : j’ai
jamais compris l’intérêt de se faire succéder
des versions différentes du même titre… A forciori
sur un album…
Là encore 4 titres à télécharger
vous sont proposés sur son site ce qui ne vous dispense
pas d’acheter le Cd si ce style vous scie, bien sur !!!
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On fini par l’actualité toute chaude avec «
White Boy Deal », nouveau single qui vient de
sortir. Il y dénonce les faveurs accordées aux
Blancs aux Etats-Unis et revendique un traitement identique
quelque soit son origine ou sa couleur de peau… Un message
qui nous réunira tous… On y retrouve les ingrédients
d’usage : riff de guitare, basse ronde et cette façon
très P de scander les paroles… Un bon morceau ma
foi (proposé en 2 versions : la « Buddy Funk Mix
» et la « Dance Mix », qui contient plus de
parties guitare) qui donne bon espoir quant à ce qui
va suivre… Surtout qu’il annonce déjà
la re-sortie de " Talking to Myself " et
" You know what she said? " enregistrés
à l’origine en 1985 et 1986… J’ai hâte
d’entendre son son d’alors…
En résumé, Jay Double You! propose une musique
qui demandera à la majorité d’entre nous
plus d’efforts et de chemin à parcourir pour entrer
dans son monde. Je ne suis pas vraiment une amatrice de psychédélisme,
ce qui explique sans doute des commentaires plus négatifs
que de coutume… C’est la première fois que
je suis autant déconcertée par un artiste que
tout le monde présente comme Funk… Mais je ne peux
pas tricher avec la manière dont j’ai réagi
à cette musique : J’ai souvent eu l’impression
d’être à la limite du Rock de part l’ambiance
proposée… Alors j’ai cherché des raisons
d’en être arrivé là et indéniablement
à l’écoute de ces disques, on ne peux qu’être
persuadé de l’énorme influence qu’a
du représenter Funkadelic dans son évolution…
Ajouter à çà un quotidien et des désillusions
qui ont sans doute jalonné sa vie d’artiste…
çà donne un mélange dont le principal ingrédient
serait le Psychédélique et la sauce d’accompagnement,
le Funk… Les aficionados du genre sauront s’y retrouver…
Le Funk a de multiples facettes et c’est ce constat qui
en fait sa richesse !!! Ma préférence va clairement
à « I’ll See You Soon »…
Funkygirl
Juillet 2003
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