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Musical
Massage [Bonus Tracks]
A
lire : " Divided Soul : The Life of Marvin Gaye " par
David Ritz (Da Capo Press)
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Soul: The Life of Marvin Gaye
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Plongé trop longtemps dans l'oubli, Motown
se devait de ressortir ses meilleures bandes pour que ses chefs
d'uvre ne deviennent pas la panacée des funkateers
avertis. Chose faite avec la collection Deluxe, qui rend hommage
aux plus grands (Rick James, Marvin Gaye), à travers des
rééditions doubles agrémentées de bonus
inédits permettant de prolonger l'expérience. "
Musical Massage " de Leon Ware devait logiquement suivre
(bien que boudé par notre continent puisque seulement disponible
en import). Sorti en septembre1976, dans l'ombre du trop grand Marvin
Gaye, qui avait très vite repéré le talent,
celui qui touche au génie. Leon Ware, presque " coupable
" d'avoir écrit tout entier l'album " I Want
You " (Motown, 1975), dont il cèdera les chansons
à un Marvin Gaye heureux de pourvoir donner une suite à
" Let's Get It On ". Moins charismatique, Leon
Ware était fait du même bronze : sensuel, séducteur
" My mind and ears always go to the bedroom " se
plait-il à dire lorsqu'il parle de sa musique. Songwriter
maison depuis le début des 70's, Leon Ware vit dans l'ombre
des stars pour lesquelles il écrit
Motown n'apportera
jamais le soutien nécessaire à cet album jugé
trop peu commercial - un simple, " Share Your Love ",
prévu puis abandonné.
Trop peu de matériel pour justifier une édition 2
CD (et pas assez de notoriété aussi ?), il était
temps de remettre les pendules à l'heure. 5 plages en bonus,
toutes extraites des sessions " I Want You " qui
contituent la passerelle logique entre les deux artistes cités.
Qui prouvent aussi que Leon Ware n'a pas à rougir de la comparaison
avec Marvin. Une version plus longue de " I Wanna Be Where
You Are ", superbement arrangée, cuivres et cordes
en tête, abandonnée dans une version plus pop au jeune
Michael 4 ans plus tôt (Michael Jackson - " Got
To Be There " / Motown, 1972). Un titre " Comfort
" (version originale de " Come Live With Me, Angel
"), dont l'intensité dramatique se voit renforcée
par les vocalises de Minnie Riperton. Mais l'essentiel se
trouve dans les dix titres, que Marvin n'aura pas eus, et qui forme
le corps de cet album formidable.
Une rythmique de guitare funky ouvre l'album sur " Learning
How To Love You ", soutenue par les cordes. Le piano martèle
les changements d'accord, et bientôt les churs l'emportent
sur le refrain. On glisse vers " Instant Love "
cuivres en ouverture, cordes staccato pour soutenir Leon Ware et
Minnie Riperton, deux voix qui se mêlent et s'emmêlent
à la perfection. Avec " Body Heat ", retour
au calme
réinterprétation du titre co-signé
par Quincy Jones (Quincy Jones - " Body Heat
" / A&M, 1974). On ne retrouve pas toutefois la chaleur
de la première version. On retrouve le hit mort-né
" Share Your Love ", avec des sons plus sophitiqués
qui ne sont pas sans rappeler l'audace d'un Stevie Wonder.
Couplets poisseux, puis les voix s'envolent. On retouve Marvin sur
cet album, dont la participation reste toutefois discrète
sur " Holiday ". " Phantom Lover ",
plus sombre, plus intimiste, plus sensuel aussi. On entre définitivement
au cur de ce disque. Une guitare discrète balance quelques
riffs clairs au moment opportun. Tout en progression aussi, jusqu'à
ce que les cuivres fassent leur entrée. "Musical
Massage " est le slow de l'album. Un morceau rempli de
nostalgie, des arrangements plus classiques et des churs noyés
par la réverbération.
La conclusion presque logique de ce parcours initiatique entre les
quatre murs d'une chambre se retrouve sur " Turn Out The
Light " : co-écrit par Minnie Riperton, qui ne chante
pourtant pas, un clavier à l'arrière-plan reproduit
presque curieusement les vocaliese si atypiques de la chanteuse.
Les derniers mots chantés par Ware traduisent presque notre
sentiment à l'écoute de ce disque : 'You can't
go. Turn out the light. I want some more tonight. What we have here
may never come again in a million years'.
Doriel
Février 2004
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