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Me'Shell nous a habitués depuis 10 ans (Plantation
Lulabbies-93) au travers de ses albums (Peace Beyond Passion-96,
Bitter-99, Cookie : The Anthropological Mixtape-2002)
à nous surprendre constamment et « Comfort Woman »,
son 5ème opus, n'échappe pas à cette règle.
Cet album risque de beaucoup faire parler de lui car à mon avis
soit on adore, soit on le rejettera en bloc prétextant que le flow
est toujours un peu le même. Alors en effet, c'est un véritable
exercice de style, constitué d'une ligne directrice unique et dont
les 10 titres s'enchaînent tels des chapitres liés entre eux. Ca
ressemble fort à un recueil de poésie qui tournerait autour du même
thème : Une ode à l'amour !!! Un voyage, une odyssée dans
la galaxie des sentiments !!! Mais la force de cet album réside
surtout dans cette sensibilité à fleur de peau (un peu comme chez
les auteurs romantiques) qui transpire tout du long. Une ambiance
intimiste, des chansons dépouillées, construites quasi-exclusivement
autour des 4 même instruments : Batterie, Basse, Guitare et
Claviers.
« Love Song #1 » monte en puissance sur un flow
dub/reggae avec une guitare wah wah, c'est carrément magique. Une
entrée en matière planante et sensuelle (voir même érotique)
« Let me feel your body » Tout un programme ;o).
Sur nappes de claviers hypnotiques et voix masculine passée au
vocoder, «Come Smoke my Herb» est un titre calme et tout
en sobriété jusqu'à ce qu'une soudaine rupture de son s'opère,
le titre s'achevant dans une sorte d'apocalypse féerique.
Il s'agit en fait d'une description poétique des horreurs
du monde : « Peace and Love » quoi.
Il y a un côté Electro plus marqué sur « Andromeda &
the Milky Way » : toujours ces claviers typiques mais
un beat de batterie plus agressif Y'a un petit côté folk dans ce
titre, d'ailleurs ce n'est pas pour rien qu'il se termine par une
guitare sèche et des sons « ethniques ». Pas moins de
3 guitares et 2 batteries (dont une électronique). A noter qu'elle
continue son exploration des métaphores terrestres ou spatiales :
après l'océan, les fleurs et le ciel, on parle ici de liberté, rivière
et étoiles.
On entend un enfant en introduction de « Love Song #2 » :
Au moins elle ne s'est pas embêtée à chercher des titres cette
fois ci ;o)) c'est proche du 1er morceau mais je
n'y vois aucunement une suite. Je dirais que Me'Shell confirme
son souhait de retour aux sources (déjà amorcé dans l'album précédent
Cookie: The Anthropological Mixtape). La basse est lourde,
ciselée. La batterie joue le métronome. Puis la guitare se fait
stridente, psychédélique et plus rock.
Question retour à la mère Nature, ce sont les papillons qui ont
la vedette.
Percus introductives pour un titre un peu trop linéaire, « Body » n'est
pas le meilleur ici. Sans rentrer dans les détails scabreux et juste
avec cette manière bien à elle de chanter, on sent toutefois bien
le désir poindre.
« Liliquoi Moon » est un titre très calme
et très beau (emmené par une guitare acoustique) qui soudain
part dans un délire rock-psychédélique.On se demande bien pourquoi ? ;o)
(on dirait même qu'on est passé à un autre titre…) A moins
que ce ne soit une façon d'exorciser des démons intérieurs.Très
triste cette histoire d'antécédents familiaux qu'elle évoque (éffleure)
avec pudeur…
Dans « Love Song #3 » et notamment à cause
de ce son de guitare électrique, on se surprend à penser au style
exploré par Prince dans NEWS (quand je vous dis qu'elle est la Prince
au féminin ;o), le chant, cette voix grave et sensuelle de
Me'Shell en plus. C'est à la fois épuré et très riche? Doux
et fort : c'est beau. Elle y explique comment atteindre le nirvana
: on sait tous comment çà marche alors faites marcher votre imagination.
Pour illustrer son propos, elle y utilise une
symbolique paradisiaque : le jardin, la lune, les anges' Vraiment
ces Love Song sont de petits bijoux.
« Fellowship » : De nouveau des relents
de dub/reggae et des variations de claviers' On change de
registre pour parler des brimades entre les peuples et les souffrances
infligées aux innocents' Egale à elle même et à sa conscience
exacerbée, elle propose des pistes de réflexion (« Forgiveness
& love»). l'un des meilleurs titres de l'album dans un style
qu'elle maîtrise décidément vraiment bien.
Dans une veine un peu plus World music, percus et bruitages divers,
on a le droit ensuite à « Good Intentions ».
Plus down tempo, « Thankful » énumère les
aspirations et doutes de Me'Shell dans la vie : la simplicité
plutôt que le surfait. Elle se contente quasiment que de déclamer
les mots et çà le fait.Très profond et touchant comme chanson.
Un album ambitieux et expérimental, court (39 minutes) et condensé
mais qui parle à votre âmeçà change pour une fois ;o)
Seul petit reproche, il est peut-être un peu trop linéaire et
sur le même ton mais incontestablement cet univers est à explorer
et vous imprègne un peu plus à chaque nouvelle écoute.
Funkygirl
Janvier 2003
Nota : Ce Cd bénéficie de toutes les
technologies modernes et a le mérite de lutter intelligemment contre
le piratage en proposant (une fois le Cd original en poche) de se
rendre sur un lien (avec authentification du Cd et tout et tout…)
pour aller récupérer 3 inédits Live et voir 5 superbes photos de ce
show au House of Live de Los Angeles donc sont extraits ces Mp3,
enregistrés le 10 Octobre dernier. Egalement disponibles via le Cd
d'origine : les lyrics et autres goodies comme des Wallpapers
reprenant la magnifique pochette de l'album…
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