SONNY BOY
Urban Misfit (ArtForm Entertainment 2002)

par Funkygirl




www.sonny-boy.com

 

SonnyBoy fête cette année leurs 10 ans d’existence : Monté en 1993 par Shel Riser, auteur et multi-instrumentiste du Middle West, qui a gagné ces galons en écrivant et produisant des musiques proches des traditionnels Gospel et du Rhythm and Blues, ils ont sorti l’année dernière le très bon « Urban Misfit ».
Ayant entendu beaucoup de bien à propos de ce disque sur diverses listes (dont la Soul-Patrol List, une référence quand même), nous sommes entrés en contact avec Shel pour vous le faire découvrir.
Une petite visite sur son site www.sonny-boy.com nous a permis de découvrir la carrière de ce jeune homme (dont certaines origines sont françaises…caribéennes pour être exact) qui a déjà pas mal roulé sa bosse ;o)
Shel Riser est la « tête pensante », le leader omniprésent du groupe puisqu’il écrit, compose, arrange et produit entièrement Sonny Boy. Mais avant de se lancer dans cette aventure, il a appris le métier (et accessoirement payé ses factures) en jouant et tournant avec des groupes proche du cercle de Prince (Il a fait parti de Mazarati : La réponse à la question que je lui ai posé sur le sujet, à la fin de cette chronique… ;o), de la tribu Parliament Funkadelic et quelques autres.

L’identité musicale de Sonny Boy comprend de multiples influences et a commencé à se forger dans le vivier musical de la scène Live de Minneapolis.
Ils ont ensuite tourné aux Etats–Unis pour présenter leur show énergique et “up tempo”, mélange de Soul/Funk/Hip Hop et Jazz.
En 1996, Shel s’est fixé à New York, ville depuis laquelle il opère toujours en s’occupant de promouvoir les concerts du groupe en Indonésie, au Canada et en Europe.

Shel présente SonnyBoy comme essentiellement et d’abord Soul : leur musique serait en quelque sorte un bon moyen de se remémorer les meilleurs moments passés de ce courant et nous montrerait une nouvelle direction possible… Y’a plus qu’à juger sur pièce avec “Urban Misfit” leur 3ème et nouvel album (sorti en 2002, après “AfroSoul” en 95 et “LoveChild” en 98).

Le Cd commence par une très courte intro « Dj Funk Style Intro » très inspirée Gospel. On dirait un tour de chauffe : le style de sons qu’on peux entendre lors de répétitions quand tous les instruments finissent les derniers réglages et forment une véritable cacophonie ;o)
« Why you Wanna » enchaîne et ce qui marque d’entrée c’est la voix un peu rauque de Shel, entre Terence Trent d’Arby et d’Angelo. Ce titre, dans une mouvance Soul/R’n’B stylée et travaillée est très efficace et entraînant. Une excellent manière de nous mettre dans de bonnes conditions dès le début !
On continue dans la même inspiration musicale avec « Soul Junkie » et cette fois c’est à Bilal auquel je pense quand j’écoute ces petites lamentations de l’âme qu’extériorisent ici notre ex-Mazarati.
Bon ok, j’en vois déjà qui me trouve bien présomptueuse avec mes parallèles mais quand je vous dis que Shel me fait penser à TTDA, çà n’est pas usurpé. Il a une voix proche certes, mais il semble avoir aussi une capacité similaire à s’aventurer dans des styles différents avec un sacré brio… J’en veux pour preuve, mon titre favori
« Like Collars Greens » où, tout en ne se dépareillant jamais de sa touche Soul, il a écrit ici un titre envoûtant grâce à une sublime guitare bien mise en avant et très harmonieuse.
On revient à plus de classicisme (avec une dominance du piano et des keyboards) sur « Leavin’ » qui aurait pu coller parfaitement au style et répertoire du feu-duo Charles et Eddie (pour ceux qui se souviennent de ce groupe contemporain qui avait pris le partie de revenir à la source de l’esprit Soul originel… et dont l’un des protagonistes est décédé y’a quelques années !)

On change de délire en déviant soudain vers un titre bien psychédélique : « The Love of Money »… Comme son nom l’indique c’est revendicatif et dénonciateur et le choix de cette nouvelle couleur musicale est donc en totale osmose avec le message asséné… Shel s’en sort encore avec les honneurs, ce p’tit gars a vraiment du talent !!!

« Super Flyin’ » revient vers des sonorités modernes, plus R’n’B mais n’oublie pas de faire une part belle aux effets de guitares distordus. Ca maintient le tout à un très bon niveau !
On se plonge carrément dans le mellow-soul pour « If you Lose your Faith » : la voix si particulière et les talents de claviériste (orgue ici) de Shel font une nouvelle fois merveille. L’influence de la Nu-Soul est ici une évidence et c’est encore une réussite, tout en douceur et subtilité.
Le son redevient puissant et lourd sur « Devil’s got you High », mélange très homogène entre sonorités urbaines et R’n’B à la sauce P-Funk moderne…
« Yesterday » se propose à l’inverse de nous apaiser avec un titre cool (et toujours Soul d’inspiration) construit autour d’une très belle guitare acoustique.
Un titre groovy Mid-tempo lui succède « Haters gone be Haters » : Shel y assure Vocals, Piano, Synthé et Guitare assisté efficacement par Trevor Allen à la Basse (lourde et profonde) et Todd Snare à la Batterie (claire et précise).
« Jonesen » a une petite connotation plus Roots et Reggae tandis qu’on se rapproche du Folk (ben on vous l’avait dit que les influences étaient diverses et variées) avec « Jule » au gré d’une guitare acoustique qui donne lieu à un titre très mélodieux et intimiste.

Fin officielle du Cd…mais attention surprise, Laissez tourner l’objet car sur la même piste, en titre caché, on découvre « Keep your Groove Funky », un bon petit Jam du meilleur effet (très proche de l’inspiration princière actuelle, je dirais…Funk et jazzy !!! Fan de Ona Live, vous devriez apprécier…).
Un plaisir n’arrivant jamais seul, c’est « Sometime », un mid-tempo dominé par la basse et le piano, qui embraye pour achever judicieusement ce premier Opus… On y retrouve cette TTDA'S touch (dans la voix et les arrangements) qui ravira nombre d'entre nous... !!!

Ce qu’on peux dire pour résumer, c’est que Shel a su parfaitement négocier le virage dangereux et casse gueule qui se dessinait devant lui… après avoir connu une telle opportunité de collaboration prestigieuse en début de carrière…
Il nous sort ici un album inspiré Soul, varié, n’hésitant pas à défricher, souvent avec bonheur, tous les courants annexes qui s’y rapportent… C’est moderne et actuel par le son mais en même temps soucieux de conserver une vraie authenticité… Un essai réussi donc, on attends la suite ;o))


Funkygirl juillet 2003

 

Bonus pour fans Princier :

Funkygirl : One question... what did you do in Mazarati ? I don't see you on the cover of the 1st album ;o) I'm a big Prince fan too...

Shel : Well, I played keyboards when Bruce and Mark got fired from the band. There
was a second Mazarati album with Motown that was puled. So I played for about
2 years as every thing was dyeing down, It was crazy. (En bref, Shel a participé à l’élaboration du second album du groupe, jamais sorti…)

Peace and Love Shel!!!!

 

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