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La
section de cuivres la plus funky de la côte ouest américaine
est de retour. Sorti le 22 avril aux US, "Oakland's
Own, in the Oakland Zone" est le 18ème album de
Tower of Power en près de 35 ans de carrière.
Il sort après une déferlante de trois compilations
et un disque live ("Soul Vaccination", 1999). La
précédente production studio du groupe, "Rythm
& Business", remonte à 1997. Du line-up original,
ne reste guère aujourd’hui que les leaders Emilio
Castillo (sax ténor & chant), Stephen
"Funky Doctor" Kupka (sax baryton), et le bassiste
Francis Rocco Prestia. Notons également
le retour attendu du batteur David Garibaldi. Celui-ci
n’avait pas pris le chemin des studios avec TOP depuis "Back
on the streets" en 1979. Côté nouvelles recrues,
"Oakland’s…" est le premier enregistrement
studio du chanteur Larry Braggs. Plus incisive
et agressive, sa voix succède avantageusement à celle
de Brent Carter. La section de cuivres accueille
pour sa part Adolfo Acosta et Mike Bogart
aux trompettes ainsi que Tom Politzer (lead sax,
voir photo ci-contre).
De la première à la dernière mesure, "Oakland's
Own, in the Oakland Zone" résonne comme un hommage
au passé. Le titre annonce d’ailleurs ouvertement la
couleur, puisque c'est dans la ville californienne d'Oakland que
le groupe a vu le jour à la fin des années 60. Ainsi,
TOP remise au placard les ballades embarrassantes et les synthétiseurs
envahissants des années 80/90. Place au funk : pur, dur,
et… délibérément passéiste. Sans
vergogne, le groupe pille son propre répertoire et décalque
ses précédents hits. Le disque s’ouvre et se
clôt sur le titre "Eastside...", ",
en écho au "Oakland Strokes" de l’album
"Back to Oakland" (1974). "Happy ’bout
that" repique note pour note l’intro de "This
time it’s real" (1973). Le texte de "Back
in the days" recycle les titres de tous les brûlots
passés du groupe : "Down to the nightclub",
"So very hard to go", "You’re
still a young man"… Un vrai catalogue. Quand à
"Get what you want" et "Life is what
you make it", on jurerait qu’il s’agit de
chutes de studio des prolifiques années Warner (1972-76).
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| Larry
Braggs, la nouvelle voix de TOP |
Mais ne boudons pas notre plaisir. Car au-delà de la nostalgie
ambiante, "Oakland’s…" est aussi et
surtout un formidable exposé de la science du groove acquise
par TOP au fil des ans. Certes, on y trouvera pas de hits de la
teneur d’un "What is hip ?", d’un
"Get your feet back on the ground" ou encore
d’un "Soul with a capital S", mais ces
14 nouveaux titres sont si impeccablement produits qu’il serait
dommage de rechigner à leur écoute.
La mise en place de "Pocketful of soul" laisse
sur les genoux, de même que les rythmiques de "Page
One" ou de "This type of funk". Sur
le très pop "Could I’ve done it better",
Larry Braggs confirme tout le bien que l’on pensait
de ses vocalises depuis ses deux passages à Paris (en 2002/03).
Le morceau titre offre à Dave
Eskridge – qui signe la plupart des arrangements
de cuivres de TOP depuis bientôt 10 ans – l’occasion
de démontrer une nouvelle fois l’étendue de
son talent. L’entêtant baryton du "Doc" y
assoit les mélodies du reste de la section de cuivres avec
une lourdeur impeccable. Bien que cela ne soit traditionnellement
pas le point fort de TOP, les quelques solos qui parsèment
le disque s’avèrent par moment plutôt inspirés
: le guitariste Jeff Tamelier qui, armé
d’un bottleneck, donne la réplique à la clarinette
de Tom Politzer sur "This type of funk",
par exemple. Mike Bogart qui empoigne son trombone
le temps d’un chorus sur "Could I’ve done it
better".
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| Jeff Tamelier
a rejoint TOP en 1997 |
Par ailleurs, les nouveaux morceaux résistent
plutôt bien à l’exercice de la scène.
Une fois n’est pas coutume, en effet, ceux-ci ont constitué
une bonne partie du concert parisien de TOP, le 27 février
à l’Elysée Montmartre. L’occasion de démontrer
que, quoiqu’il advienne, TOP demeure toujours une référence
des salles de concert.
Bref, au final, le bilan de ce nouvel opus est assez mitigé.
On apprécie l’énergie définitivement
retrouvée de TOP. Se régale de la virtuosité
rythmique du groupe et de la richesse des arrangements. Découvre
avec plaisir les performances vocales de Larry Braggs.
Mais malgré tout, difficile de masquer une certaine déception.
"Oakland’s…" n’est pas un mauvais
album, loin de là, mais il pêche par l’absence
de titres véritablement percutants. On regrettera aussi un
passéisme peut être un peu excessif. Certains titres
à la limite de l’auto plagiat. Comme si, en filigrane,
ce disque renfermait l’aveu de TOP qu’ils ne seront
plus jamais aussi bons compositeurs que par le passé…
Touffi
avril 2003
Photos : Amélie (http://www.shirleydepressed.fr.st),
le 27/02/03 à l’Elysée Montmartre, Paris.
Tracklist :
1 – Eastside…
2 - Give Me Your Love
3 - Get What You Want
4 - Could've Done It Better
5 - This Type of Funk
6 - Pocketful of Soul
7 - Remember Love
8 - Oakland Zone
9 - Life Is What You Make It
10 - Happy 'Bout That
11 - Stranger In My Own House
12 - Back in the Day
13 - Page One
14 - …Eastside
55 min
Note : les éditions européenne et
japonaise du disque comprendront chacune 2 bonus tracks différents.
Date de sortie indéterminée pour l’instant.
Lineup :
Larry Braggs : chant
Tom Politzer : sax ténor / clarinette
Emilio Castillo : sax ténor / chant
Stephen 'Doc' Kupka : sax baryton
Adolfo Acosta : trompette
Mike Bogart : trompette / trombonne
Roger Smith : claviers
Jeff Tamelier : guitare
Francis Rocco Prestia : basse
David Garibaldi : batterie
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