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C'est lors du
North Sea Jazz festival de Den Haag que j'ai pu rencontré
le groupe ZUCO 103 composé de Lilian Vieira,
Stefan Schmid et Stefan Kruger (absent de l'interview pour cause
de repos avant le concert du soir même ).
J'avais préparé mes questions en brésilien
mais malheureusement j'avais mal agit car ZUCO 103 n'est
pas un groupe brésilien mais un groupe néerlandais
avec une chanteuse brésilienne.
Il ne faudrait pas l'oublier comme l'a souligné Stefan Schmid.
C'est cette subtilité qui permet au groupe de créer
une musique originale où la culture de chacun prend sa place,
réussissant ainsi à s'ouvrir au monde mais aussi sur
un autre monde : le leur.
Après un premier opus " Outro Lado " sorti en 1999,
ils nous reviennent cette année avec " Tales of High
Fever ", inspirés par les mélodies et rythmes
traditionnels brésiliens, le R&B, les beats électroniques,
le jazz et l'afrobeat : un
vrai cocktail de grooves multicolores.
Afrodeeeth
Lilian quand es tu arrivée en Hollande ?
Lilian : je crois que je m'en rappellerai toute
ma vie c'était le 15 juillet 1989 à 10h15 du matin
c
'était l'été.
Tu avais alors un projet ici ?
Lilian : Non, absolument pas . Quand je suis arrivée
ici je n'avais rien à voir avec la musique j'étais
infirmière, mariée à un hollandais qui habitait
au Brésil, il avait une affaire là-bas, 12 ans après
son arrivée la conjoncture économique l'a décidé
à revenir aux Pays-bas. J'étais toujours infirmière
quand je suis arrivée je jouais dans des groupes et un peu
plus tard je me suis décidée à faire le conservatoire.
Comment as tu connu les autres membres du groupe ?
Lilian : En fait quand je suis rentrée au
conservatoire j'ai rencontré Stefan Kruger le batteur et
programmateur du groupe absent aujourd'hui, et lui connaissait l'autre
Stefan ici présent. Une fois sortie du conservatoire je jouais
dans un club de musique brésilienne et il se trouve que les
deux Stefan jouaient dans le club juste à côté
du mien. Puis c'est en 1995 que nous avons commencé à
travailler ensemble, sans être encore les ZUCO 103. Nous avons
composé ensemble un morceaux pour un groupe complètement
délirant appelé SPECK.
C'était un groupe de jazz avec DJ qui mélangeait aussi
leur son avec ce que l'on a nommé musique du monde. C'était
le premier groupe de jazz avec DJ. Stefan (Kruger) battait déjà
pour eux c'est ainsi que l'on a pu participer à ce projet,
le morceau s'appelait " Repente " c'était il y
a 7 ans déjà...
Lilian, avant d'arriver en Hollande connaissais-tu la musique
nord-européenne ?
Lilian : C'est une coïncidence, j'écoutais
beaucoup de musique car dans ma famille on aimait la musique, j'avais
un ami très fou qui adorait tout les trucs tordus ou rares
et surtout l'Acid musique et un jour il nous apporté un disque
de KRAFTWERK ; je devais avoir 17 ou 18 ans.
"Outro Lado" votre premier album avait déjà
ce même son électronique, ces mêmes influences
mélodiques et rythmiques que l'on retrouve dans votre nouvel
album " Tales of High Fever ". Est ce que ce dernier opus
est une conclusion du premier ?
Stefan : Non, notre nouvel album est plutôt
une deuxième étape de recherche musicale, ça
commence avec des expérimentations et cela reste toujours
expérimental car nous ne savons jamais où ira la musique
Pouvons nous dire que vous faites de la fusion de musiques
Stefan : oui c'est de la fusion
Afrodeeeth : De cultures, de deux cultures ou
Stefan : Nous avons plusieurs cultures, et beaucoup d'influences.
Ce n'est pas que de la musique brésilienne et européenne
c'est aussi de la musique africaine.
Afrodeeeth : Oui
Lilian : Quand vous avez de la musique brésilienne
vous avez de la musique africaine, indienne
Effectivement une chanteuse brésilienne porte le métissage
brésilien donc déjà plusieurs cultures
Lilian : Il est vrai que c'est un énorme
mélange mais ce que je fais avec ZUCO,
c'est chanter en portugais parce que je suis brésilienne
mais en fait je chante
" dans des grooves " différents .
Pourquoi les paroles et le chant restent en portugais alors
que vous êtes distribués dans le monde ?
Lilian : J'aime assez chanter en anglais, mais je
me sens mieux dans ma langue maternelle
sur le prochain album
peut-être que je chanterai en chinois.(rires)
Vous êtes deux musiciens et vous avez trois autres musiciens
qui jouent avec vous, pourtant l'album est fait de programmations.
Pourquoi avez vous fait ce choix ?
Stefan : Effectivement c'est un choix, l'électronique
c'est ce que l'on aime. Nous n'avons pas envie de présenter
un groupe qui joue et chante des chansons brésiliennes. Nous
nous sentons très concernés par la musique électronique.
Les autres musiciens ne l'ont pas mal pris ?
Stefan : Ils jouent tous sur l'album
Comment ça ?
Lilian : Oui, toutes les compositions ont été
joués en live avec le groupe. Ensuite on les a enregistrées
en studio puis on a samplé. Nous avons rajouté des
programmations en retravaillant le son à notre sauce. Nous
aimons la forme !
Pour le prochain album vous ferez la même chose ?
Stefan : Peut-être
ou peut-être
que nous irons en studio seulement avec un orchestre de cordes ou
piano, basse, batterie et percussions
Donc vous qualifiez votre son d'ELECTRO ?
Lilian : Nous sommes essentiellement dans la musique
électronique, c'est un élément important mais
nous essayons d'apporter d'autres choses qui viennent plutôt
du jazz.
Donc les musiciens ne sont pas déçus ?
Lilian : Non, sur scène on s'éclate,
on fait vraiment la fête tous ensemble. Notre musique laisse
une place à l'acoustique et à l'Electro; il y a une
place pour tous, c'est ouvert.
Cette ouverture vous la devez à vos origines culturelles
différentes ?
Lilian : Oui, mais surtout au fait que chacun montre
de l'intérêt pour la culture de l'autre. Nos cultures
coexistent pour exprimer le meilleur d'elles-mêmes, chacun
en tire du bien et notre musique ressemble à ça.
Comment vous est venu l'idée du titre " Tales
of High Fever " ?
Stefan : L'enregistrement de l'album a été
intense, il y a eu beaucoup de pression pour le finir car il y avait
beaucoup de travail de dernière minute donc cela a été
des moment de grandes fièvres d'où le titre de l'album
: Histoires de grandes fièvres .
Pour finir la funky question . Si vous deviez quitter les
Pays-Bas pour une île déserte. Quels seraient les dix
disques que vous prendriez avec vous ? (5 titres chacun)
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Lilian Vieira
:
Ellis&Tom
Jill Scott "Who's Jill Scott"
Banda Black Rio "Maria Fumaça"
Omar "Nothing like this"
Jackson do Pandeiro |
Stefan Schmid
:
Miles Davis "Kind of Blue"
Coltrane "Africa Brass"
Mingus "Own"
Jimi Hendrix "High experience"
Omar "Best By Far" |
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